COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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EDAR-Faits et chiffres - Rapport 2018 sur le développement économique en Afrique

EMBARGO
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31 mai 2018, 20:00 à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2018/014
Geneva, Suisse, (31 mai 2018)

Rapport 2018 sur le développement économique en Afrique:
les migrations au service de la transformation structurelle 

Il y a environ 41 millions de migrants internationaux en provenance, à destination ou à l'intérieur de l'Afrique.

Parmi eux, on compte :

• 19 millions de personnes résidant en Afrique,

• 17 millions ayant quitté le continent,

• et 5,5 millions d’immigrants en provenance du reste du monde.

Les migrations intra-africaines en tant que mécanisme de stimulation de la croissance économique et de promotion de la transformation structurelle.

• En tant que catalyseur de la croissance économique, la migration intra-africaine peut avoir un impact positif sur la transformation structurelle dans les pays de destination. Si elle est bien gérée, la migration intra-africaine pourrait entraîner une augmentation substantielle du PIB par habitant en Afrique d'ici 2030.

• Par le commerce (y compris par les importations alimentaires en provenance des pays d'origine et par le commerce lié au patrimoine et qui peut renvoyer au mal du pays) et en augmentant la productivité intra-sectorielle dans les secteurs de l'agriculture, de la construction, des mines, des services, des technologies de l'information et de la fabrication.

• En encourageant la croissance inclusive et la réduction de la pauvreté, notamment par le biais des envois de fonds et des investissements de la diaspora dans les pays d'origine, ainsi que par le biais des impôts et de la consommation dans les pays de destination. Les migrations intra-africaines offrent également des opportunités aux migrantes africaines qui représentaient 47 % des migrants internationaux en Afrique en 2017, et aux jeunes (âgés de 15 à 24 ans) qui représentaient 16 % des migrants internationaux du continent.

• Les pays africains peuvent tirer d'autres avantages des migrations :
o en alignant les politiques en matière de migration, de commerce et d'investissement sur les objectifs de développement ;
o en tirant parti des envois de fonds et en mobilisant la diaspora pour des investissements productifs ;
o en adoptant des politiques du travail plus flexibles pour faciliter la mobilité des migrants ;
o en intégrant les migrants sur les marchés du travail et en allouant des ressources pour s'attaquer aux déterminants structurels du développement socio-économique de l'Afrique ;
o en adoptant des mesures politiques soucieuses du genre afin de libérer le potentiel des femmes migrantes pour qu'elles puissent bénéficier de la migration et contribuer au développement de l'Afrique.

La contribution des migrations internationales à la croissance économique

• Les migrations devraient faire croître le PIB par habitant de 2 008 dollars en 2016 à 3 249 dollars en 2030, soit un taux de croissance annuel de 3,5 % à partir de 2016.

• La contribution des migrants internationaux au PIB est de 19% en Côte d'Ivoire en 2008, 13% au Rwanda en 2012, 9% en Afrique du Sud en 2011 et 1% au Ghana en 2010.

• Les migrations contribuent au développement des pays de destination - par le biais des impôts et de la consommation. On estime que les migrants dépensent 85% de leurs revenus dans les pays de destination.

Migrations et échanges intra-africains

• Les migrations stimulent le commerce (elles sont associées à une augmentation des importations alimentaires en provenance des pays d'origine). La demande de produits alimentaires des migrants intra-africains a fait augmenter les importations de denrées alimentaires en provenance des pays d'origine. L'émigration du Zimbabwe et de la République démocratique du Congo (RDC) vers d'autres pays africains en 2000 et 2013 correspond à l'augmentation des importations alimentaires en provenance de ces pays (reflétée dans la valeur des importations alimentaires en provenance du Zimbabwe qui est passée de 100 000 $ à 1 million de dollars, et de la RDC de 100 000 $ à 650 000 $ pendant cette période).

• Les migrations peuvent aussi stimuler le commerce en lien avec le patrimoine. Les populations de la diaspora peuvent jouer un rôle important en tant que passerelles vers des marchés plus larges, grâce à la promotion du commerce et du tourisme dans leurs pays d'origine.

Migrations intra-africaines et transformation structurelle (productivité du secteur économique)
• Les migrations intra-africaines sont positivement associées à la productivité intra-sectorielle car une augmentation des stocks migratoires est associée à une plus grande productivité sectorielle dans l'agriculture, la construction, l'exploitation minière, les services, les technologies de l'information (TI) et la fabrication.

• Si l'immigration croît au taux de croissance moyen sur 10 ans de 54% en 1990-2000 et 2000-2010, elle pourrait stimuler la croissance de la productivité intra-sectorielle et potentiellement entraîner un décollage de la croissance pour les pays dont la productivité du travail est la plus faible.

La migration intra-africaine est un moteur de croissance inclusive


• La migration réduit la pauvreté grâce aux transferts de fonds et aux investissements de la diaspora.
o Les femmes migrantes contribuent à la croissance inclusive dans les pays d'origine et de destination.
o Les femmes migrantes d'Afrique contribuent tout autant aux envois de fonds (en espèces et en nature) que leurs homologues masculins.

Migrations intra-africaines et emploi


• Le chômage a été l'un des principaux moteurs des migrations en Afrique (interne et internationale). Le chômage des jeunes est l'un des principaux moteurs des migrations extra-continentales en provenance d'Afrique du Nord. En 2016, le taux de chômage des jeunes en Afrique du Nord s'élevait à 29,3 %, bien au-dessus du taux de l'Afrique subsaharienne (10,9 %).

• La demande de main-d'œuvre dans les secteurs économiques a été l'un des principaux moteurs des migrations intra-africaines.
o La demande dans les domaines de l'éducation (Rwanda), de l'ingénierie (Rwanda), des services financiers (Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda) et des technologies de l'information (Rwanda et Afrique du Sud) a été l'un des principaux moteurs des migrations de travailleurs hautement qualifiés vers les marchés régionaux du continent ;
o La demande dans les secteurs de la construction (Côte d'Ivoire et Afrique du Sud), de l'exploitation minière (Afrique du Sud et Gabon) et des services de migration semi-spécialisée, et
o la demande dans l'agriculture (Côte d'Ivoire et Afrique du Sud), le service domestique (Afrique du Sud et Mauritanie) et le commerce transfrontalier informel (en Afrique australe, orientale et occidentale) ont attiré une migration de personnes peu qualifiées.

• Les migrations intra-africaines génèrent des effets positifs pour les migrants :
o Elles peuvent contribuer à l'amélioration des compétences, avec pour résultat un emploi mieux rémunéré et plus stable tout en améliorant la productivité des migrants. Par exemple, les agriculteurs migrants peu qualifiés du Burkina Faso ont acquis en Côte d'Ivoire de nouvelles compétences qui leur ont permis d'obtenir un emploi plus stable dans des professions plus qualifiées et souvent mieux rémunérées.
o Avantages liés à l'emploi pour les pays : Les pays de destination peuvent combler leurs déficit en matière de compétences sur le marché du travail, et les pays d'origine peuvent tirer profit du transfert de connaissances et de compétences, ainsi que du développement des compétences nationales.
o L'absence de cadres politiques qui reconnaissent les qualifications académiques et professionnelles dans les pays de destinations et les coûts élevés associés à l'obtention de permis de travail entravent la mobilité des migrants hautement qualifiés sur les marchés du travail régionaux.

Migrations intra-africaines et genre


• La migration féminine prend de plus en plus d'importance en Afrique.
o En 2017, les femmes migrantes internationales en Afrique représentent 47% des migrants. Le nombre absolu de femmes migrantes internationales est passé de 6,9 millions en 2000 à 11,6 millions en 2017.
o La migration internationale des femmes en Afrique de l'Est a dépassé la moyenne continentale (50 % contre 47 %).
o Les femmes migrantes internationales en Afrique occupent des emplois vulnérables dans les services domestiques et le commerce transfrontalier informel. En plus d'occuper un emploi vulnérable, les femmes migrent dans des circonstances plus difficiles, tout en assumant les responsabilités familiales et les dangers du voyage.


Migration et transferts de fonds


• Les envois de fonds vers l'Afrique sont passés de 38,4 milliards de dollars en 2005-2007 à 64,9 milliards de dollars en 2014-2016, en moyenne. Les transferts de fonds ont représenté 51 % des flux de capitaux privés vers l'Afrique en 2016, contre 42 % en 2010.

• Les pays qui dépendent fortement des envois de fonds en pourcentage du PIB sont le Libéria (26,7 %) et le Lesotho (18,2 %).

• Le coût de l'envoi de fonds en Afrique dépasse la moyenne mondiale ; l'Afrique 8,9% en moyenne pour l'envoi de 200 $ contre une moyenne mondiale de 7,3%.

• Dans certains corridors africains, les coûts d'envoi de fonds dépassent le coût moyen pour l'Afrique subsaharienne, qui est inférieur à 10 %.
o Selon l'Institut africain des transferts de fonds, en 2016, Afrique du Sud - Botswana, Afrique du Sud - Angola, Afrique du Sud - Lesotho, Afrique du Sud - Swaziland et Tanzanie - Ouganda étaient les corridors les plus coûteux en Afrique où les coûts des transferts de fonds dépassent 15%.
o Inversement, à 4%, le Sénégal-Mali était l'un des corridors les moins chers au monde.


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