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Commerce électronique : la CNUCED accompagne le Burkina Faso, le Sénégal et le Togo vers le numérique
05 octobre 2018
eTrade
Representatives of West African countries are gathering in Burkina Faso to consider their e-commerce future and what needs to be done to realise it.


Burkina Faso, Sénégal et Togo sont les trois derniers pays parmi les moins avancés à bénéficier d'une évaluation rapide par la CNUCED de l’état de préparation de leur économie au commerce électronique. Objectif : ouvrir de nouveaux horizons en mettant le commerce électronique au service de la création d’emplois et du développement des échanges.

Les trois rapports seront présentés lors de l’atelier régional sur le commerce électronique organisé conjointement par la CNUCED et la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) du 9 au 10 octobre 2018 à Ouagadougou, Burkina Faso.

“Les études réalisées par la CNUCED montre que les chantiers de réforme sont vastes pour permettre au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo de saisir pleinement les opportunités de développement qu’offre le commerce électronique et qu'ils nécessitent des actions ambitieuses de la part des gouvernements. C’est pour les aider que nous sommes là », a expliqué la Secrétaire générale adjointe de la CNUCED, Isabelle Durant en route pour Ouagadougou. Et d’insister : « C'est une stratégie gagnants-gagnants, que l'on doit poursuivre car le commerce électronique est aujourd’hui une porte d’accès incontournable aux marchés extérieurs."

eTrade Africa
A télécharger [PDF] :
Evaluation rapide de l'état de préparation au commerce électronique | Burkina Faso | République togolaise | République du Sénégal |

Cet atelier, première étape dans la préparation d’un plan régional, sera inauguré par Isabelle Durant, en présence du Commissaire chargé du Département de l’Agriculture, des ressources en Eau et de l’Environnement, Commission de l’UEMOA, M. Jonas Gbian et du Chargé de mission du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat du Burkina Faso M. Daouda Ouedraogo.

Les évaluations ont mis en lumière les obstacles suivants dans les 3 pays :

Absence de stratégie e-commerce

Bien qu’engagés dans la construction d’un écosystème numérique, aucun n'a pour le moment de stratégie dédiée au commerce électronique.

Faiblesse de l’infrastructure et des services des technologies de l'information et des communications (TIC)

Le faible niveau d’accessibilité et de pénétration de l’Internet et une qualité de service souvent peu satisfaisante par manque de concurrence dans le secteur des télécommunications sont des freins majeurs à la croissance du secteur des TIC.

Logistique et facilitation du commerce insuffisantes

Le faible développement des infrastructures, les coûts prohibitifs d’acheminement vers et depuis l’étranger, une logistique peu intégrée par les opérateurs, une livraison du dernier kilomètre souvent impossible et le faible volume de transactions, figurent parmi les entraves que rencontrent les opérateurs du commerce électronique.

Solutions de paiement limitées

Malgré un dynamisme accru dans le développement de moyens de paiement électronique, la diversité en reste limitée et le paiement en ligne marginal. Le paiement à la livraison reste le moyen le plus utilisé.

Cadre juridique et réglementaire incomplet

Les cadres juridiques sont en conformité avec la réglementation de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Leur application reste cependant insuffisante et ne prend que peu en compte les aspects émergents de l’écosystème numérique.

Compétences spécifiques au commerce électronique

L’enseignement est encore trop orienté vers le commerce traditionnel et ne prend pas suffisamment en compte l’économie numérique. Un écart important demeure entre les besoins des entreprises et les connaissances des diplômés du troisième cycle.

Accès au financement

La difficulté d’accès au financement pèse sur le secteur du commerce électronique. Le coût du financement bancaire classique reste prohibitif dans des pays à très faible niveau de bancarisation.

Zoom sur le Burkina Faso

L’expansion du secteur du commerce électronique passe par l’économie informelle, via les sites de petites annonces de particuliers et les réseaux sociaux. Un nombre restreint d’opérateurs professionnels a développé des plateformes couvrant des secteurs tels que l’agroalimentaire, l’habillement, l’informatique et électroménager.

« Le Burkina Faso doit capitaliser sur les atouts relevés par l’étude : le processus vers la digitalisation des services publics, un secteur des télécommunications concurrentiel, le développement d’une infrastructure Internet haut-débit, d’une technopole et des start-ups dynamiques. La feuille de route proposée nous permettra d’accélérer la numérisation du pays », s’est félicité le Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat du Burkina Faso Harouna Kabore.

Lancé par le Fonds Burkinabè de Développement Économique et Social (FBDES), le programme « Burkina Startups », soutient financièrement les start-ups. Mais leur croissance et leur structuration en entreprises restent souvent incertaines.

Zoom sur le Sénégal

Dakar est devenu un laboratoire de start-ups et de jeunes entreprises qui ont fait des TIC un atout clé de leur épanouissement. Les nouvelles technologies de la finance (fintech) en ont compris le potentiel et des acteurs importants tentent déjà de pénétrer le marché local en nouant des partenariats stratégiques. Le secteur du commerce électronique au Sénégal est relativement dynamique, par rapport à celui d’un grand nombre de ses voisins d’Afrique de l’ouest. Des acteurs de renom international, tels que Jumia, y ont établi une présence forte en s’appuyant sur le marché local et sur la diaspora sénégalaise à l’étranger. D’autres, à plus petite échelle, tentent de se faire une place sur un marché destiné à croître. Cependant, cette réalité ne peut cacher le fait qu’à l’exception d’un nombre restreint d’opérateurs, le commerce électronique se développe surtout dans l’économie informelle, à travers les petites annonces de particuliers, sur les sites agrégateurs et sur les réseaux sociaux.

« L’impact du développement du e-commerce dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, grâce à l’évaluation de la CNUCED sur l’état de préparation du Sénégal au commerce électronique, les efforts seront davantage orientés vers la mobilisation des acteurs, état, secteur privé, partenaires eTrade for all, pour lever les obstacles identifiés et mettre en œuvre ses recommandations phares. » s’est félicitée la Ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices, Khoudia MBAYE .

Plusieurs facteurs ont joué en faveur du développement du secteur du commerce électronique :  l’Internet haut-débit (principalement dans les grandes villes), un cadre juridique mis en place dès 2008, des moyens de paiement électronique via la téléphonie mobile, et des ressources humaines formées aux TIC. Toutefois, plusieurs défis sont à relever pour profiter au mieux de ces conditions favorables. Pour débrider l’essor du secteur, il faudra lever les obstacles logistiques, amplifier la facilitation du commerce électronique et lever les fonds nécessaires au financement de la croissance des opérateurs du secteur.

Zoom sur le Togo

Le potentiel pour le développement du commerce électronique au Togo est limité : faible raccordement à l’Internet, paiements en ligne limités, livraisons difficiles hors de Lomé. Pour autant, les start-ups technologiques débordent de solutions innovant qui permettent de contourner les problèmes existants.

Le potentiel au niveau national existe donc, mais à condition que le commerce électronique s’adapte aux réalités du pays.

"Mon Ministère est fortement engagé pour faire du commerce électronique un puissant moteur de croissance économique, de commerce inclusif et de création d'emplois au Togo. Ce nouveau diagnostique a retenu le développement du commerce électronique comme l’un des secteurs stratégiques qui devrait promouvoir les échanges commerciaux et supprimer les obstacles au commerce », a déclaré la Ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé, Essossimna LEGZIM-BALOUKI.

Les obstacles les plus importants concernent les paiements électroniques, la logistique et l’encadrement des modes de livraison ainsi que la cybersécurité et la protection du consommateur.

Ces trois évaluations ont été financées par le Gouvernement allemand, contributeur majeur au Programme d’évaluation mis en place par l’initiative  .  Cette initiative propose aux pays des solutions de renforcement des capacités en matière de commerce électronique et d’optimisation des synergies entre les différents partenaires. Elle compte 29 partenaires dont sept participeront à l’atelier de Ouagadougou : Banque mondiale, Banque africaine de développement, Commission économique pour l’Afrique, Centre du commerce international, Organisation mondiale du commerce, Union portale universelle, ACSIS).

Depuis 2016, la proposition de la CNUCED de procéder, dans les pays qui le souhaitent, à une évaluation rapide de leur potentiel à s’ouvrir au commerce électronique permet de les accompagner dans la création d’un écosystème propice au commerce électronique (https://unctad.org/en/Pages/Publications/E-Trade-Readiness-Assessment.aspx). A l’issue de cet exercice, les décideurs politiques bénéficient d’un schéma directeur fort en recommandations concrètes, en vue pour leur pays d’exploiter au mieux le potentiel du commerce en ligne. Les partenaires d’eTrade for all sont engagés à les aider dans leur domaine de compétences (etradeforall.org).


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