unctad.org | La Côte d'Ivoire mise sur des réformes pour améliorer le climat d'investissement
La Côte d'Ivoire mise sur des réformes pour améliorer le climat d'investissement
04 décembre 2019
Flag
La CNUCED propose des mesures pour créer une croissance durable et inclusive à long terme et s'attaquer aux problèmes de développement les plus pressants auxquels sont confrontés les Ivoiriens.


La Côte d’Ivoire a engagé des réformes économiques pour faire du pays un endroit plus attrayant pour y faire des affaires.

Le pays ouest-africain poursuit ses réformes pour stimuler l’investissement étranger direct (IED). En augmentation depuis 2012, l’IED reste néanmoins faible tant en termes relatifs qu’absolus par rapport à d’autres pays de la région.

De plus, l’IED est fortement concentré à Abidjan. D’importantes inégalités économiques et sociales existent, à la fois entre les zones urbaines et rurales ainsi qu’entre la capitale économique et le reste du pays.

« Les réformes entreprises par le gouvernement dans le cadre des plans nationaux de développement sont louables, mais il reste encore beaucoup à faire », a déclaré Chantal Dupasquier, cheffe de la section des examens de politique d’investissement de la CNUCED.

Abidjan
Abidjan est la capitale économique de la République de Côte d'Ivoire

Examen de la politique d’investissement

Le gouvernement ivoirien a demandé à la CNUCED de procéder à un examen de la politique d’investissement (EPI) du pays dans le cadre de son programme de réforme visant à améliorer l’environnement des affaires.

Dans ce contexte, la CNUCED a organisé un atelier national qui s’est tenu à Abidjan le 25 novembre pour discuter du projet d’EPI. L’atelier a réuni plus de 100 représentants des secteurs privé et public locaux, du monde universitaire, ainsi que des partenaires au développement.

L’EPI s’articule autour de l’objectif d’une croissance durable et inclusive à long terme.

Initialement, les réformes ont été motivées par l’urgence de la reconstruction et de la réhabilitation des infrastructures et des services publics après les crises sociopolitiques qui ont pris fin dans le pays en 2011. Depuis, la Côte d’Ivoire a enregistré une croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut de 8 %.

L’EPI vise à attirer plus d’investissements, à augmenter la valeur ajoutée qui en découle et à veiller à ce qu’il soit réparti plus uniformément dans le pays pour résoudre les problèmes de développement les plus urgents auxquels sont confrontés les Ivoiriens.

L’analyse présentée dans l’EPI est effectuée sur la base du cadre de politique d’investissement pour le développement durable de la CNUCED. Elle couvre les instruments réglementaires essentiels, y compris mais sans s’y limiter, l’accès à la terre, la fiscalité, la propriété intellectuelle et la gouvernance, afin de poursuivre l’amélioration du cadre d’investissement.

L’EPI propose également de renforcer la compétitivité par une série de mesures visant les infrastructures, les ressources humaines et l’esprit d’entrepreneuriat.

Reconnaissant que les IED vers la Côte d’Ivoire ont régulièrement augmenté depuis 2012, l’EPI confirme que les investisseurs étrangers sont historiquement attirés par les ressources agricoles du pays (premier exportateur mondial de cacao).

Cependant, l’EPI souligne également que les investisseurs sont de plus en plus attirés par les perspectives du marché local, notamment l’amélioration du pouvoir d’achat intérieur, et l’évolution des habitudes de consommation.

Le rôle du pays en tant que plaque tournante du marché régional est également souligné par la présence de plusieurs sièges régionaux de filiales étrangères.

Récemment, Swiss Re y a installé sa base régionale. Nestlé y a son centre régional de recherche et développement et certaines entreprises, notamment dans le secteur du thon, ont domicilié leurs activités globales dans le pays.

Le secteur privé a joué un rôle clé dans le dynamisme retrouvé du pays, de nombreuses filiales étrangères ayant redémarré leurs opérations rapidement après 2011.

La présence internationale du secteur privé renforce l’engagement de la communauté internationale.

Par exemple, la Banque africaine de développement a réinstallé son siège régional à Abidjan en 2014. La ville est aussi devenue le siège de l’Organisation internationale du cacao en 2017.

Améliorer le programme de réforme

« Les recommandations de l’EPI contribueront à améliorer le programme de réforme économique du gouvernement », a déclaré Emmanuel Esmel Essis, le ministre ivoirien auprès du Premier Ministre, chargé de la promotion de l’investissement privé.

« L’EPI est un outil important pour atteindre les objectifs de développement durable dans le pays et permettra à la Côte d’Ivoire d’attirer des niveaux plus élevés d’IED », a déclaré Tidiane Boye, représentant du coordonnateur résident des Nations Unies en Côte d’Ivoire.

Les discussions sur l’EPI ont reflété l’importance des questions d’investissement dans le pays. Des représentants du secteur privé et du monde universitaire ont souligné la pertinence du rapport, en particulier pour le développement du secteur privé local.

Pays arrivé à un tournant décisif

Les participants ont convenu que le pays se trouve maintenant à un tournant décisif. Des réformes structurelles plus profondes sont nécessaires pour exploiter pleinement son énorme potentiel économique.

À cette fin, la discussion lors de l’atelier a souligné la nécessité de renforcer la coordination institutionnelle, car cela reste un défi important à surmonter.

Cela sera également essentiel à la mise en œuvre efficace des recommandations de l’EPI qui touche un large éventail de questions autour de l’investissement.

En outre, une approche plus stratégique, proactive et coordonnée de la promotion des investissements est nécessaire pour accompagner la mise en œuvre des recommandations de l’EPI.

La discussion nationale est une base sur laquelle les parties prenantes peuvent s’appuyer pour s’approprier les recommandations de l’EPI et adopter une approche cohérente dans le but de renforcer le climat de l’investissement du pays.

Au cours des 20 dernières années, la CNUCED a mené des EPI dans plus de 50 pays en développement et dans des économies en transition. Elle a aussi aidé à la mise en œuvre des recommandations de ces EPI.

Des études montrent que les EPI ont aidé les pays à attirer plus d'IED et, en améliorant le climat des affaires, à en tirer plus de bénéfices.


​​
Loading..

Please wait....