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Une entreprise de BioTrade au Myanmar résiste bien au choc du COVID-19
04 juin 2020
Une petite entreprise fabriquant des produits naturels à base de jujube et de tamarin a pu rester ouverte tout en garantissant la sécurité de ses employés, grâce aux mesures de durabilité adoptés avant la pandémie.


Les problèmes commerciaux que posent la propagation de la COVID-19 menacent la survie de nombreuses entreprises, en particulier les plus petites d’entre elles dans les pays en développement.

Pourtant, Salay Shae Saung, une petite entreprise du Myanmar qui produit des sirops naturels à base de jujube et de tamarin aux propriétés stimulant l’immunité des personnes, a fait preuve de résilience.

Elle a maintenu son activité en préservant la sécurité de ses employés - aucun d’entre eux n'a contracté le virus à ce jour - grâce aux mesures adoptées avant l'apparition de l'épidémie. Ces mesures relèvent des principes et critères BioTrade pour le commerce durable des biens et services d'origine végétale et animale. 

"Les mesures que nous avons mises en place avant la COVID-19, telles que les nouvelles exigences en matière de traçabilité et de documentation sur nos usines et nos agriculteurs, nous ont permis de mettre rapidement en œuvre les mesures d'hygiène et de sécurité spécifiquement requises contre ce virus", déclare la propriétaire de l'entreprise, Aye Aye Naing.

"Comme nous avions déjà informé et formé nos employés ainsi que nos fournisseurs aux nouvelles pratiques et règles en vigueur", dit-elle, "ceux-ci étaient mieux préparés aux préconisations du gouvernement pour lutter contre la propagation du virus".

L'entreprise, qui opère dans le canton de Chauk, dans la région de Magway, n'a connu qu'un léger ralentissement. Le chiffre d'affaires s’est situé à environ 80% de celui enregistré pour la même période en 2019.

Bien que cela montre une baisse des bénéfices, cette diminution n'a pas mis en danger l'avenir de l'entreprise. C’est important pour l'autonomisation économique des femmes, qui représentent 90% des employés de l’usine et qui résident dans le township.

"L'histoire de Salay Shae Saung montre que les directives en faveur de la sauvegarde de la biodiversité peuvent aussi aider les entreprises à s'adapter à des chocs tels que les pandémies", explique Lorena Jaramillo, économiste de la CNUCED travaillant sur le commerce et la viabilité environnementale.

"Elle montre également que les pratiques commerciales qui protègent la planète peuvent aussi participer à l’amélioration des conditions de travail", ajoute Mme Jaramillo. "Le respect des plantes et des personnes vont de pair".

Salay Shae Saung
Distanciation physique sur le lieu de travail / © Helvetas

Date rouge ou chinoise

Souvent transformé en jus et sirops naturels et sains, le fruit rouge du jujubier, communément appelé "datte rouge" ou "datte chinoise", est un ingrédient clé de la médecine traditionnelle.

Il s'agit d'une plante d'Asie du Sud-Est qui est particulièrement bien protégée et valorisée par les entreprises durables participant au projet régional BioTrade mené par l'organisation non gouvernementale suisse Helvetas.

Ce projet, qui fait partie de l'initiative mondiale BioTrade menée par la CNUCED, inclut également le Viêt Nam et le Laos. Elle bénéficie du soutien du Secrétariat d'État suisse aux affaires économiques.

"La région est l'un des plus importants centres pour la biodiversité dans le monde", déclare Andrew Wilson, responsable chez Helvetas du projet régional. "Ces trois pays sont parmi les plus diversifiés au monde biologiquement parlant".

Les ventes des entreprises et autres initiatives BioTrade ont progressé régulièrement au fil des ans, de 40 millions de dollars en 2003 à 6,7 milliards de dollars en 2019, dévoilant un fort potentiel de croissance pour des entreprises comme Salay Shae Saung. 

"Cela est particulièrement vrai pour les marchés internationaux haut de gamme", déclare M. Wilson, "où les clients sont prêts à payer plus cher pour des biens produits de manière durable et équitable".

Deux années de consultations

Les principes et critères du BioTrade, qui constituent un cadre pour l'approvisionnement, la transformation et la commercialisation durables de biens et services dérivés de plantes et d'animaux, ont été introduits pour la première fois en 2007.

Ils ont été actualisés en mars 2020, après deux ans de consultations, afin de les aligner avec l'Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable, l'accord de Paris sur le climat et le protocole de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques naturelles et un partage juste et équitable des bénéfices avec les populations locales.

Cette mise à jour a également pris en compte les expériences et les enseignements tirés par les différents partenaires depuis la première édition, ajoutant de nouveaux éléments, tels que la biodiversité marine et le tourisme durable. Les droits des travailleurs, la santé et la sécurité font partie des autres points qui ont été mis à jour.

Lors de la troisième réunion du comité directeur des parties prenantes du programme BioTrade, organisée par la CNUCED le 5 mai 2020, les partenaires ont soutenu l'appel à la prise en compte des principes et critères mis à jour dans le cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020.

Ce nouveau cadre, qui constituera la feuille de route pour le développement de la biodiversité dans les dix prochaines années, devrait être adopté lors de la 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, reportée à 2021 en raison der la pandémie COVID-19.


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