Rapport 2018 sur les pays les moins avancés


L’entreprenariat au service de la transformation structurelle

Nulle part ailleurs dans le monde un changement économique radical n’est plus urgent que dans les pays les moins avancés. Compte tenu de la réorientation rapide de la production mondiale et du passage à l’ère numérique, ce n’est qu’en renforçant leurs capacités productives à une vitesse sans précédent que ces pays pourront atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030.

L’entreprenariat a un rôle central à jouer en tant que vecteur de transformation. Le Rapport 2018 sur les pays les moins avancés : L’entreprenariat au service de la transformation structurelle - Changer de cap montre comment l’entreprenariat est à l’origine de bon nombre des innovations sociales et économiques qui soustendent un développement durable. Les entrepreneurs qui transforment la donne créent de nouveaux produits et de nouveaux modèles d’activité, proposent des emplois décents et, par leur réussite, permettent à un plus grand nombre de jouir d’une meilleure qualité de vie et concourent même à la viabilité budgétaire. Ils contribuent aussi davantage à la création et à la distribution des richesses.

Or, dans les pays les moins avancés, le sous-développement et des formes de participation au commerce mondial peu avantageuses entravent l’apparition de ces entrepreneurs dynamiques et prospectifs indispensables à la transformation structurelle. Celle-ci s’en trouve compromise et, au bout du compte, les pays les moins avancés ne s’approprient pas pleinement les objectifs de développement durable et n’en retirent pas tous les bienfaits potentiels.

Le manque d’entreprises dynamiques a de sérieuses conséquences dans les pays les moins avancés, dont les politiques entreprenariales servent souvent à pallier le chômage et à remédier à des inégalités structurelles. Des politiques de ce genre ne sont généralement pas le meilleur moyen de faire naître des entreprises dynamiques et à fort impact ; à cette fin, il convient de préférer une approche stratégique et ciblée et un soutien délibéré à long terme, qui aboutissent à une action coordonnée et cohérente et à des mesures judicieuses dans divers domaines pertinents.

Le Rapport 2018 sur les pays les moins avancés démontre l’intérêt de centrer les politiques entreprenariales sur la transformation structurelle. Il met en avant une politique fondée sur la reconnaissance fondamentale de disparités dans la contribution des différents types d’entreprenariat à la transformation structurelle et à la création de richesses. Il investit l’État d’un rôle plus actif et plus proactif dans l’émergence d’entreprises locales dynamiques et porteuses de transformation. Plus important, il invite les pays les moins avancés à ne pas négliger le rôle complémentaire essentiel que jouent les grandes entreprises, aux côtés des petites et moyennes entreprises, de manière à élaborer des stratégies propres à promouvoir un entreprenariat à fort impact. En incitant les décideurs à délaisser les mesures fondées sur une sous-évaluation des avantages de l’entreprenariat, le présent Rapport offre une aide précieuse aux pays les moins avancés dans leurs efforts visant à tirer le meilleur parti de l’application du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Mukhisa Kituyi Le Secrétaire général de la CNUCED