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UNCTAD/PRESS/IN/2020/002
Rapport 2020 sur les pays les moins avances : Des capacités productives pour la nouvelle décennie

Faits et Chiffres


Suisse, 3 décembre 2020

La crise de la COVID-19 dans les PMA

Aspects économiques

  • Le PIB par habitant des pays les moins avancés (PMA) devrait se contracter de 2,6 % en 2020 par rapport à des niveaux déjà bas. En effet, ces pays devraient connaître leurs pires performances économiques depuis 30 ans. Au moins 43 des 47 PMA connaîtront probablement une baisse de leur revenu par habitant.
  • Le nombre de personnes frappées par l'extrême pauvreté dans les PMA devrait augmenter de 32 millions en 2020, pour atteindre un total de 377 millions. Le taux de pauvreté passera de 32,5 % à 35,7 % en 2020, en raison de la crise économique provoquée par la COVID-19.
  • Bien que les PMA ne représentent que 14 % de la population mondiale, ils comptent plus de 50 % des personnes extrêmement pauvres dans le monde (c'est-à-dire celles qui vivent avec moins de 1,9 dollar par jour). Mais les économies de ces pays ne représentent que 1,3 % du total mondial.
  • Le déficit des comptes courants des PMA devrait se creuser, passant de 41 milliards de dollars (soit 3,8 % de leur PIB collectif) en 2019 à 61 milliards de dollars (soit 5,6 % de leur PIB) en 2020, valeur la plus élevée jamais atteinte.
  • Les PMA constituent le groupe de pays le plus vulnérable au monde et ils sont 27 % plus vulnérables que les autres pays en développement (non PMA).

Aspects sanitaires

  • Malgré la faiblesse de leurs systèmes médicaux, les PMA ont été beaucoup moins touchés par la pandémie de COVID-19 que d'autres pays. Fin novembre 2020, les PMA avaient enregistré 17 décès dus à la COVID-19 par million d'habitants, ce qui est bien inférieur aux 138 décès par million d'habitants signalés dans les autres pays en développement, et correspond à seulement 3 % des 536 décès par million d'habitants enregistrés dans les pays développés.
  • Les PMA comptent trois médecins pour 10 000 habitants, tandis que les autres pays en développement (non PMA) en comptent 14 et les pays développés 31.

Développement des capacités productives et transformation structurelle dans les PMA

  • Les PMA en tant que groupe se sont écartés à long terme des autres pays en développement (non PMA). En 1990, le revenu national brut (RNB) par habitant des autres pays en développement était trois fois plus élevé que celui des PMA. Aujourd'hui, il est presque six fois plus élevé.
  • Alors qu'au début des années 1990, la productivité du travail des PMA correspondait à 25 % de celle des autres pays en développement, elle n'est plus que de 18 % aujourd'hui.
  • La transformation vers des structures économiques plus modernes et plus performantes a été principalement limitée à une poignée de PMA, en particulier le Bangladesh, le Cambodge, l'Éthiopie, la République démocratique populaire lao, le Myanmar, le Népal et le Rwanda.
  • L'importance de l'industrie manufacturière a augmenté dans les PMA asiatiques. Ce secteur représentait 19 % du PIB et 12 % de l'emploi en 2017, contre 12 % et 8 % respectivement en 2001.
  • Dans les PMA africains et en Haïti, le secteur manufacturier est moins important. Il représente 9 % du PIB et seulement 5 % de l'emploi. Ces parts stagnent depuis le début du siècle.
  • Entre 2001 et 2017, la productivité du travail des PMA a augmenté de 3,2 % par an, mais dans les autres pays en développement, elle a progressé plus rapidement, de 4,3 % par an.
  • Les PMA étant le groupe de pays ayant la plus forte croissance démographique, ils doivent créer 13 millions 200 mille nouveaux emplois chaque année.
  • L'Indice des capacités productives (ICP) de la CNUCED montre que la majorité des PMA ont de faibles capacités productives : leur niveau moyen d'ICP était de 40 % inférieur à celui des autres pays en développement entre 2011 et 2018.
  • Le nombre de PMA ayant un ICP plus élevé est passé de 11 pays en 2001 à 6 pays en 2018. En revanche, le nombre de PMA ayant un score ICP plus faible est passé de 18 en 2001 à 26 en 2018.
  • Sur les huit sous-composantes de l'ICP, la seule où les PMA obtiennent un score plus élevé que les autres pays en développement est celle des ressources naturelles. Les PMA ont obtenu une moyenne de 46 points entre 2011 et 2018 sur cette sous-composante, soit 15 % de plus que les 40 points obtenus par les autres pays en développement.

L'économie numérique dans les PMA

  • Les PMA ont réduit l'écart qui les sépare des autres pays en développement (non PMA) en termes de diffusion de la téléphonie mobile. Les PMA ont 73 abonnements de téléphonie mobile pour 100 habitants, tandis que les autres pays en développement en ont 105.
  • La diffusion des téléphones mobiles dans les PMA ne signifie pas que la fracture numérique se réduit. Moins de 20 personnes sur 100 dans les PMA utilisent l'Internet, contre 55 dans les autres pays en développement et 85 dans les pays développés.
  • Outre la fracture numérique internationale, les PMA sont confrontés à une fracture numérique nationale entre les sexes, qui ne cesse de se creuser. La proportion d'hommes dans les PMA qui utilisent l'Internet est plus de deux fois supérieure à celle des femmes.
  • Le principal défi que doivent relever les PMA pour entrer dans la quatrième révolution industrielle (4RI) et dans l'économie numérique renvoie au fait que la plupart d'entre eux n'ont pas encore pleinement intégré les trois précédentes révolutions industrielles dans leur base productive.
  • La plupart des agriculteurs des PMA n'ont pas accès à l'énergie ni à l'Internet à haut débit, deux atouts incontournables pour tirer parti des technologies numériques.
  • L'adoption des technologies numériques par les entreprises des PMA apporterait de grands avantages, mais la plupart des entreprises n'ont pas les capacités ni les compétences technologiques requises et hésitent à prendre le risque d'innover.
  • Pour les PMA africains, l'avènement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) pourrait donner une certaine impulsion pour contrer l'inertie technologique et générer des opportunités pour l'adoption des technologies numériques, la transformation numérique, de nouveaux modèles commerciaux et attirer les investisseurs.

La crise de la COVID-19 et le reclassement

  • La crise économique mondiale provoquée par la pandémie de COVID-19 pourrait affecter le reclassement prévu précédemment, c'est-à-dire la sortie de certains pays du groupe des PMA.
  • Pour les PMA dont les cas seront évalués lors de l'examen triennal de 2021 en vue d'une éventuelle sortie du groupe (Bangladesh, République démocratique populaire lao, Myanmar, Népal et Timor-Oriental), le Comité des politiques de développement prendra en compte non seulement les critères relatifs aux PMA (qui seront basés sur des données jusqu'en 2019), mais aussi d'autres indicateurs, analyses et points de vue de chaque pays concerné (qui reflètent les effets de la crise).
  • Le comité adoptera la même approche dans son examen des autres pays qui pourraient être préqualifiés pour le reclassement en 2021 et pourraient être recommandés pour le reclassement en 2024.