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La CNUCED ouvre la voie vers une croissance inclusive dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine

12 février 2024

Un nouveau rapport appelle à des réformes globales pour stimuler l'investissement et le développement durable dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

© Shutterstock / NoyanYalcin | Des vendeurs proposent des articles à Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, l'un des principaux bénéficiaires de l'investissement étranger direct en Afrique de l'Ouest.

L'Union économique et monétaire ouest-africaine (également connue sous son acronyme français, UEMOA)  fait un bond en avant vers le développement durable avec la publication par la CNUCED de son examen de la politique d'investissement.

Le rapport, publié le 1er février, analyse en profondeur le paysage de l'investissement dans l'UEMOA en mettant en lumière les tendances profondes, les défis et les recommandations pour améliorer le climat de l'investissement.

Malgré une succession de crises, les pays de l'UEMOA - Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo - ont maintenu leur croissance économique et attiré les investissements.

Ensemble, ces huit économies représentent un marché de 137 millions de personnes et un PIB de 175 milliards de dollars, soit environ 9 % du marché de l'Afrique subsaharienne.

Le rapport, disponible uniquement en français à ce jour, montre une augmentation significative des flux d'investissements directs étrangers (IDE), les chiffres ayant plus que triplé depuis 2007 et presque doublé depuis 2013, pour atteindre le montant impressionnant de 5,5 milliards de dollars en 2022.

Des IDE concentrés sur quelques secteurs et pays

Mais les IDE au sein de l'UEMOA sont principalement orientés vers les industries extractives et présentent des disparités, quatre pays - la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal - représentant 85 % du stock total d'IDE en 2022.

Malgré des signes encourageants, le stock d'IDE dans les économies de l'UEMOA est inférieur à celui de régions comparables en Afrique, ce qui suggère un potentiel inexploité pour de nouveaux investissements. Il faut donc redoubler d'efforts pour attirer davantage d'investissements et ainsi favoriser le développement durable dans la région.

Agir plus pour soutenir l'investissement

Des niveaux d'investissement plus élevés sont nécessaires pour stimuler le développement du secteur privé dans la région et relever les défis du développement, notamment dans les secteurs de l'éducation, des infrastructures et de la sécurité alimentaire.

Le rapport salue les réformes ambitieuses engagées aux niveaux national et régional pour faciliter l'investissement, tant local qu'étranger, et appelle à des mesures supplémentaires pour renforcer la transparence et rationaliser davantage les procédures administratives.

Il plaide également en faveur d'une consolidation et d'une simplification des lois et des approches institutionnelles dans des domaines tels que les réglementations spécifiques à l'investissement, la création d'entreprises, la fiscalité, le travail et la concurrence. Les recommandations sont basées sur le cadre de la politique d'investissement pour le développement durable de la CNUCED.

Approche régionale de la promotion de l'investissement

Le rapport propose une approche régionale de promotion des investissements axée sur les secteurs prioritaires des pays de l'UEMOA et alignée sur les objectifs de développement durable des Nations unies, ainsi que sur les stratégies régionales et nationales.

Une telle approche permet non seulement de sensibiliser au potentiel d'investissement de la région, mais aussi de favoriser la collaboration, le partage d'informations, le renforcement des capacités et l'adoption de bonnes pratiques entre les pays.

53 examens de la politique d'investissement à ce jour

La CNUCED a préparé ce rapport à la demande de la Commission de l'UEMOA, à laquelle participent les États membres de l'Union. Elle a publié 53 rapports de ce type depuis 1999, qui ont bénéficié à 60 économies dans le monde.

Ces rapports fournissent des évaluations objectives des cadres juridique, réglementaire et institutionnel d'un pays ou d'une région, ainsi que des recommandations orientées vers les actions à mener et adaptées au soutien de l'investissement pour en maximiser les bénéfices.