De nouvelles mesures commerciales redéfinissent la concurrence à l’exportation et déplacent les avantages sur les marchés mondiaux.
© Adobe Stock/jeson | Un ouvrier soude de l’acier dans une installation de fabrication.
Les modifications de la politique commerciale peuvent modifier les gagnants et les perdants sur les marchés mondiaux. Lorsque les gouvernements ajustent les droits de douane, les préférences ou d’autres coûts liés au commerce, ils modifient les prix et les conditions de concurrence. Certains exportateurs gagnent des avantages tandis que d’autres perdent du terrain, ce qui redessine les flux commerciaux et les décisions d’approvisionnement.
Les récentes mesures commerciales des États-Unis illustrent la manière dont ces changements s’opèrent concrètement. Un nouveau rapport de ONU commerce et développement (CNUCED) examine comment l’augmentation inégale des droits de douane affecte l’accès au marché américain et les conséquences pour les pays développés, en développement et les pays les moins avancés.
L’analyse met en évidence un paysage commercial plus restrictif et inégal — avec des pertes nettes pour certains exportateurs mais aussi de nouvelles opportunités pour d’autres.
Les variations tarifaires redessinent la carte de la concurrence
Les changements de politique commerciale redistribuent la compétitivité non seulement entre entreprises nationales et étrangères, mais aussi parmi les fournisseurs étrangers. En modifiant les prix relatifs, les droits de douane réallouent les parts de marché et influencent les décisions de production, d’approvisionnement et d’investissement tout au long des chaînes de valeur mondiales.
Par exemple, début 2026, les importations américaines de vin sud-africain sont environ 17 points de pourcentage plus coûteuses qu’en 2024 par rapport à d’autres exportateurs de vin. À l’inverse, les importations de riz en provenance d’Italie sont devenues environ 12 points de pourcentage moins chères que celles provenant d’autres fournisseurs. Ces écarts tarifaires devraient influer sur les décisions en matière d’achats et, progressivement, modifier les flux commerciaux.
Des hausses tarifaires inégales entraînent un détournement des échanges
Lorsque l’augmentation des droits de douane varie selon les fournisseurs, la compétitivité relative évolue. En moyenne, les économies développées semblent moins affectées par les récents changements tarifaires américains. Leur avantage tarifaire antérieur d’environ 1,5 point de pourcentage s’est accru d’environ 2 points de pourcentage.
Les économies en développement ont vu leur désavantage relatif passer d’environ 1 à près de 3 points de pourcentage. Les pays les moins avancés, qui occupaient auparavant une position neutre, font désormais face à un désavantage estimé à environ 2 points de pourcentage.
Les variations tarifaires limitent la montée en gamme dans les chaînes de valeur
Les modifications tarifaires peuvent également affecter les efforts des pays pour monter en gamme dans la chaîne de valeur.
Par exemple, dans la chaîne de valeur cacao-chocolat, le cacao brut entre en franchise de droits tandis que les droits de douane sur le chocolat ont augmenté nettement et de façon inégale. Les principaux exportateurs de chocolat tels que le Canada, le Mexique, la Belgique et la Suisse subissent des hausses moins importantes que les pays producteurs de cacao comme la Côte d’Ivoire, l’Équateur, le Ghana et l’Indonésie, ce qui renforce la spécialisation existante et limite les possibilités de montée en gamme.
Les réponses stratégiques sont déterminantes
Les régimes tarifaires en évolution redistribuent la compétitivité de manière complexe et inégale. Les effets diffèrent selon le secteur, le pays et la structure des exportations.
Il est essentiel que les pays surveillent attentivement leur position tarifaire relative, diversifient leurs marchés d’exportation lorsque l’accès se restreint et saisissent les opportunités lorsqu’une marge préférentielle s’élargit. Dans un environnement commercial mondial plus discriminant, une analyse en temps opportun et des réponses politiques ciblées seront cruciales pour renforcer la résilience des exportations et saisir les nouvelles opportunités commerciales.
