Marquant une nouvelle étape pour la Plateforme des emprunteurs, la première réunion du Conseil de gouvernance réunit le 12 octobre des ministres des finances, des gouverneurs de banques centrales et de hauts responsables de pays en développement.
La réunion, qui se tient à Bangkok durant les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, lance le premier cycle annuel de la Plateforme.
Cette initiative dirigée par les États membres offre un espace dédié où les pays emprunteurs peuvent se réunir, partager leurs connaissances, apprendre les uns des autres et s’exprimer collectivement sur les questions de dette.
« Les pays en développement sont confrontés à une véritable tempête, faite de tensions et de conflits géopolitiques, de pressions commerciales et climatiques, d’un manque de financements adéquats et de lourdes charges liées au service de la dette », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans son allocution aux nouveaux États membres de la Plateforme.
« La Plateforme des emprunteurs offre à ses membres la possibilité de naviguer dans cette tempête », a ajouté M. Guterres.
Le chef de l’ONU a salué l’engagement des pays participants et souligné l’importance de créer un espace où les emprunteurs peuvent partager des conseils, des outils et des approches, et exploiter pleinement le potentiel de plaidoyer de la Plateforme.
À ce jour, 31 pays en développement ont officiellement rejoint la Plateforme, tandis que beaucoup d’autres ont manifesté leur intérêt pour l’initiative.
Depuis son lancement en avril, les pays ont travaillé dans le cadre du processus intérimaire sous la direction de l’Égypte en tant que présidence intérimaire, avec ONU commerce et développement (CNUCED) assurant le rôle de secrétariat.
Le processus intérimaire s’est concentré sur la mise en place de la gouvernance et des bases institutionnelles de la Plateforme, l’identification des priorités techniques et la préparation de son premier programme d’activités. https://unctad.org/registerjournalist
D’un paysage de la dette difficile à une coopération concrète
La Plateforme des emprunteurs rassemble des pays ayant des profils de dette et des situations de financement différents. Elle intervient à un moment où les pays en développement sont confrontés à des pressions croissantes liées à la dette et à son service.
La Plateforme est conçue pour compléter les mécanismes internationaux existants relatifs à la dette, et non pour les remplacer. Elle n’est pas un forum de restructuration collective de la dette ni de négociation collective.
Elle offrira un espace permettant aux pays de partager leurs expériences et leur expertise, d’identifier des priorités techniques communes et de renforcer leur capacité à évoluer dans un environnement financier mondial de plus en plus complexe.
L’objectif est de promouvoir l’apprentissage par les pairs et l’assistance technique, d’améliorer l’accès aux connaissances et aux données, et de renforcer la participation des pays emprunteurs aux discussions internationales qui influencent leurs conditions de financement.
Le besoin d’une telle coopération ne cesse de croître. La publication de la CNUCED intitulée « A World of Debt » fournit un contexte plus large à ces défis, en mettant en évidence les pressions croissantes que la dette exerce sur les finances publiques et le développement.
D’autres analyses montrent que les coûts d’intérêt dans les pays en développement ont augmenté beaucoup plus rapidement que les recettes publiques au cours de la dernière décennie. En conséquence, l’augmentation des coûts du service de la dette peut accentuer les pressions sur les dépenses consacrées aux infrastructures, à la santé, à l’éducation et à d’autres domaines essentiels de l’investissement public.

Dans ce contexte, une meilleure information, un renforcement des capacités de gestion de la dette et les enseignements pratiques tirés de pays confrontés à des défis similaires peuvent avoir une valeur économique directe.
Une voix plus forte pour les pays emprunteurs
Pendant trop longtemps, les pays en développement ont été confrontés à des défis liés à la dette et à sa viabilité, déterminés non seulement par leurs circonstances nationales spécifiques mais aussi par les caractéristiques systémiques de l’architecture financière internationale.
Les mécanismes existants de coordination et de négociation ont été largement pilotés par les créanciers, alors qu’il n’existait aucun espace permanent dirigé par les emprunteurs pour faciliter l’échange de connaissances et l’expression d’une voix collective entre pays emprunteurs.
La Plateforme des emprunteurs vise à combler cette lacune. Comme l’a déclaré le Secrétaire général Guterres : « Aujourd’hui, vous prenez place à la table des discussions. »
Première réunion du Conseil de gouvernance : définir l’orientation
Pour la Plateforme des emprunteurs, la première réunion du Conseil de gouvernance marque la transition du stade de la mise en place de ses fondations à celui de leur mise en œuvre concrète.
Le Conseil de gouvernance a adopté un communiqué définissant les priorités communes et l’orientation du cycle annuel de la Plateforme. Il souligne son engagement à renforcer la coopération entre les pays emprunteurs, à partager les connaissances et l’expertise, et à amplifier leur voix collective dans les discussions internationales.
La réunion fournit les orientations politiques pour le premier cycle annuel de la Plateforme et examine le cadre institutionnel ainsi que le programme qui guideront ses travaux.
Le Conseil de gouvernance constitue l’instance politique de la Plateforme, soutenue par un comité directeur composé de hauts responsables chargés de superviser ses activités opérationnelles.
Le premier cycle annuel marquera également la confirmation du nouveau président de la Plateforme et de la Troïka, ainsi que l’examen des modalités de la Plateforme des emprunteurs.
L’Égypte, en tant que présidence intérimaire, a dirigé avec succès la Plateforme durant sa phase de création. Le Secrétaire général Guterres a également exprimé sa reconnaissance pour le leadership de l’Égypte ainsi que pour l’appui et l’expertise du secrétariat de la CNUCED tout au long du processus.
« En tant que votre secrétariat, ONU commerce et développement est prête : un apprentissage par les pairs façonné par vos priorités, une base de connaissances issue de décennies de recherche et un soutien pratique qui renforce la position de chacun des membres », a déclaré le Secrétaire général par intérim Pedro Manuel Moreno.
Plus de 100 pays en développement ont été invités à participer à l’initiative.
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À propos de ONU commerce et développement (CNUCED)
La CNUCED est le principal organe des Nations Unies dans le domaine du commerce et du développement. Fondée en 1964, elle soutient 195 États membres en leur fournissant des analyses et une assistance technique, et elle facilite le dialogue intergouvernemental.
Elle aide ainsi les pays en développement à tirer parti du commerce, du financement, de l’investissement et de l’économie numérique pour parvenir à un développement inclusif et durable.