L’économie palestinienne a connu une profonde transformation au cours des deux dernières décennies, façonnée par des opérations militaires, des restrictions et des obstacles structurels liés à l’occupation. Cette étude quantifie l’ampleur des pertes économiques, évalue les développements récents et expose les conditions nécessaires à la reprise.
Les résultats montrent un effondrement socio-économique sans précédent après l’escalade des hostilités en octobre 2023, ainsi que des coûts économiques à long terme accumulés depuis 2000. Comprendre ces impacts est essentiel pour guider les réponses politiques, les stratégies de relèvement et les efforts visant à soutenir le développement durable dans le Territoire palestinien occupé.
Effondrement économique et destruction de la capacité productive
L’étude constate que les récentes opérations militaires ont provoqué un grave effondrement économique dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé. En 2024, le PIB est tombé à 70 % de son niveau de 2022, effaçant 22 ans de progrès économique. Le PIB par habitant a chuté rapidement, tandis que le chômage a atteint 80 % à Gaza et 35 % en Cisjordanie, plongeant l’ensemble de la population de Gaza dans la pauvreté multidimensionnelle.
Gaza a subi l’impact le plus dévastateur. Son PIB en 2024 s’est réduit à seulement 13 % de son niveau de 2022, et aucune reprise de l’activité économique n’a été observée en 2025. La production a cessé dans les principaux secteurs, les infrastructures ont été largement détruites et la majorité des entreprises ont arrêté leurs activités.
En Cisjordanie, les restrictions à la circulation, à l’accès au travail et aux échanges ont perturbé les chaînes d’approvisionnement, entraîné des fermetures d’entreprises et provoqué d’importantes pertes dans l’agriculture et l’activité du secteur privé dans tous les secteurs.
L’étude souligne la nécessité de restaurer l’activité économique en assouplissant les restrictions, en reconstruisant les infrastructures et en rétablissant les flux budgétaires et commerciaux. Sans de telles mesures, la spirale économique descendante risque de se poursuivre, compromettant les perspectives de relèvement.
Pertes économiques cumulées à long terme
Au-delà de la crise immédiate, l’étude évalue une partie du coût économique à long terme de l’occupation, des restrictions et des opérations militaires. Entre 2000 et 2024, l’économie palestinienne a subi une perte estimée à 212,2 milliards de dollars de PIB potentiel, soit 19,4 fois son PIB de 2024.
L’étude estime également que la valeur économique produite par les colonies israéliennes à Jérusalem-Est occupée et dans la zone C de la Cisjordanie a atteint 832,7 milliards de dollars entre 2000 et 2024, soit plus de 1 000 milliards de dollars en dollars de 2024. Rien qu’en 2024, l’économie des colonies était estimée à 53 milliards de dollars – près de cinq fois la taille de l’économie palestinienne.
Ces résultats illustrent comment les contraintes structurelles, les restrictions de circulation et l’accès limité à la terre et aux ressources ont étouffé le potentiel économique. L’étude suggère que la réduction des restrictions, notamment dans la zone C, pourrait augmenter considérablement le PIB, réduire la pauvreté et renforcer les recettes publiques.
Obstacles structurels et fragmentation de l’économie
L’étude identifie des obstacles structurels de longue date et les principaux facteurs du déclin économique : opérations militaires répétées, fermetures et restrictions de circulation, infrastructures endommagées, coûts de production élevés et compétitivité affaiblie. Par ailleurs, la fragmentation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est en systèmes juridiques et administratifs distincts a encore entravé le développement d’une économie cohésive, intégrée et d’un marché unifié.
À Gaza, des fermetures prolongées, un accès limité aux intrants essentiels et des pénuries chroniques d’électricité et de ressources ont affaibli la capacité productive pendant des décennies. En Cisjordanie, points de contrôle, régimes d’autorisations et accès restreint aux terres et aux ressources naturelles ont limité l’emploi, les échanges et l’investissement.
L’étude souligne que l’élimination de ces obstacles structurels est essentielle au développement durable. Un meilleur accès aux ressources, une mobilité renforcée et une plus grande intégration économique sont identifiés comme des étapes clés pour soutenir la croissance et réduire la dépendance à l’aide extérieure.
Défis de la reprise et priorités de développement
L’ampleur de la dernière vague de destruction constitue un obstacle majeur à la reprise. Plus de 80 % des structures à Gaza ont été endommagées ou détruites, et les besoins en reconstruction sont estimés à 70 milliards de dollars – soit plus de six fois le PIB palestinien de 2024. Les systèmes de santé, d’éducation et d’agriculture ont connu un effondrement généralisé, avec des implications à long terme pour le développement humain et la productivité.
L’étude souligne que la reprise nécessite plus qu’une aide humanitaire. Les aides doivent être liées à des objectifs de développement à long terme, y compris la reconstruction des infrastructures, la stimulation de la production locale et la création d’interventions à forte intensité d’emploi. Un soutien international coordonné, le rétablissement des flux budgétaires et des politiques favorisant l’autonomie sont identifiés comme des éléments essentiels de la reprise.
Conclusion
L’étude propose une évaluation complète de l’impact économique de l’occupation et des récentes escalades sur l’économie palestinienne. Elle met en lumière à la fois l’ampleur des destructions immédiates et les coûts cumulés qui ont freiné le développement pendant des décennies.
L’étude conclut que la reprise durable dépend de changements fondamentaux, y compris la fin des contraintes structurelles et un soutien international soutenu. Lier les efforts de secours au développement à long terme et à la reconstruction économique est essentiel pour permettre une transition de la crise à la stabilité et soutenir une paix durable.
