- Les services prennent une importance croissante dans l’ensemble de l’économie et la numérisation accélère ce processus de « servicification ».
- Cela soulève des questions d’orientation concernant la manière dont le commerce des services et les politiques connexes influent sur les résultats en matière de développement, notamment la productivité et l’emploi.
- Les pays en développement collectent souvent déjà des données nationales qui peuvent aider à répondre à ces questions.
- Les pays devraient mieux exploiter les données existantes en améliorant l’accès, en reliant les ensembles de données et en renforçant les capacités d’analyse utile aux politiques.
Les services sont de plus en plus intégrés à l’agriculture, à l’industrie manufacturière et à d’autres services. Ce processus, appelé « servicification », reflète à la fois le rôle croissant des services dans l’économie et leur utilisation accrue comme intrants dans la production.
La numérisation accélère ces changements. La valeur des services fournis par voie numérique a augmenté de 7 % par an entre 2015 et 2024, contre 4 % pour les échanges de biens. La part des exportations de services dans le total des exportations a également progressé au fil du temps, tant dans les économies développées qu’en développement.
Que signifie la servicification pour le développement ?
À mesure que les services prennent de l’importance, il est nécessaire que les décideurs comprennent l’incidence du commerce des services et des politiques connexes sur la performance économique. Les résultats concernés incluent la productivité, l’emploi et les exportations.
La productivité du travail dans les services a presque doublé dans les économies en développement entre 2000 et 2024, contribuant à réduire l’écart avec les économies développées. Mais dans les petits États insulaires en développement (PEID), à l’exclusion de Singapour, elle n’a augmenté que d’environ 16 %. Ce contraste souligne la nécessité de mieux comprendre les facteurs à l’origine de ces trajectoires différentes, ainsi que le rôle du commerce des services et des politiques qui s’y rapportent.
Les statistiques agrégées seules ne suffisent pas à répondre à bon nombre de ces questions. L’analyse présentée dans le rapport montre comment on peut utiliser des informations nationales plus détaillées. En Équateur, par exemple, le début des exportations de services numériques était associé à une augmentation de l’emploi d’environ 23 % à 26 % l’année d’entrée, et de 12 % à 14 % l’année suivante.
Une grande partie des données existe peut-être déjà
Les pays en développement n’ont pas nécessairement besoin de commencer par collecter des données entièrement nouvelles. Les autorités nationales détiennent souvent déjà des informations permettant d’appuyer l’analyse des politiques de services, même si l’accès varie et que l’éventail de données disponibles est peut-être plus large que les chercheurs ne le pensent.
Le rapport recense les enquêtes et recensements auprès des entreprises, les statistiques commerciales au niveau des transactions, les informations fiscales sur l’impôt sur les sociétés et la taxe sur la valeur ajoutée, les registres d’entreprises et les données sur les investissements comme sources potentielles. Relier ces ensembles de données peut fournir des informations sur les entreprises, les travailleurs et les relations économiques que les statistiques internationales ne peuvent donner.
Transformer les données existantes en éléments probants pour les politiques
Le rapport recommande aux pays de commencer par un état des lieux des sources de données existantes afin d’identifier ce qui est disponible et où se situent les lacunes. L’accès aux données administratives devrait être amélioré tout en protégeant la confidentialité, et les ensembles de données devraient être reliés dans la mesure du possible à l’aide d’identifiants communs.
Les partenaires du développement peuvent contribuer au renforcement des capacités statistiques et techniques, à l'amélioration des accords de partage des données et à l’appui aux échanges Sud-Sud. L’objectif est de transformer l’information déjà collectée par les pays en éléments probants pour la conception et l’évaluation des politiques relatives au commerce des services.
