Rapport 2021 sur les pays les moins avancés


Les pays les moins avancés dans le monde post-COVID : tirer les enseignements de 50 ans d’expérience

Au cours des cinquante dernières années, la plupart des pays les moins avancés (PMA) ont eu du mal à surmonter les obstacles au développement qui sont à l’origine de la création de la catégorie en 1971. La croissance de leur économie a beau avoir été forte depuis le milieu des années 1990, elle a généralement été insuffisante pour résorber l’écart de revenu qui subsiste de longue date avec le reste du monde. La crise de la COVID-19 et la reprise à deux vitesses qui se dessine menacent d’anéantir de nombreux progrès accomplis à grand prix sur la voie du développement, et la situation est encore aggravée par les effets néfastes latents des changements climatiques.

Il est essentiel de faire du développement des capacités productives de ces pays une condition du renforcement de leur aptitude à faire face aux crises et à s’en remettre. Tandis qu’ils axent leurs politiques sur la transformation et la diversification de leur économie, les PMA manquent cruellement de moyens pour progresser dans la réalisation des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Pour éliminer l’extrême pauvreté (cible 1.1 des objectifs de développement durable), le montant annuel moyen des investissements à engager dans les PMA est estimé à 485 milliards de dollars, et, pour multiplier par deux la contribution de l’industrie au PIB (cible 9.2 des objectifs de développement durable), il est de 1 051 milliards de dollars. Ce dernier montant représente plus du triple des investissements actuels des PMA, et dépasse donc largement leurs ressources disponibles.

La communauté internationale a, par conséquent, un rôle essentiel à jouer en aidant les PMA à mobiliser des ressources suffisantes pour répondre à leurs besoins de développement durable, y compris en matière de financement et de technologie. Une nouvelle génération de mesures internationales d'appui, plus étroitement alignées sur les besoins exprimés par les PMA et les réalités du 21e siècle, devra être mise en place pour soutenir leurs efforts nationaux. Il est nécessaire de renforcer le multilatéralisme et de s'attaquer résolument aux sources externes d'instabilité qui touchent les PMA, afin de créer un climat propice à l'exécution du prochain programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2022-2031.

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La pandémie de COVID-19 a révélé et aggravé la vulnérabilité des pays les moins avancés aux chocs extérieurs. Une fois encore, ce sont les plus démunis qui souffrent le plus. En cette période marquée par les fragilités, le Rapport de la CNUCED sur les pays les moins avancés met en lumière la manière dont les gouvernements et la communauté internationale peuvent unir leurs efforts pour renforcer les capacités productives, afin de parvenir à un développement durable pour tous.

António Guterres,
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies

 

Depuis qu'elle a plaidé pour la création de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), il y a cinq décennies, la CNUCED joue un rôle de premier plan dans la politique de développement des PMA. Aujourd'hui, elle est en pointe dans l'analyse et la recherche de solutions nationales pratiques pour ces pays, en s’efforçant de convaincre la communauté internationale de leur apporter un appui renforcé et approprié au niveau mondial. Le Rapport propose des orientations fondamentales en faveur des PMA pour la décennie 2022-2031. Cette période, qui s’ouvre avec la pandémie de COVID-19 et doit s'achever par l'exécution du Programme 2030, est cruciale. Le Rapport, qui axe le programme d'action des PMA sur le renforcement des capacités productives, illustre les compétences uniques de la CNUCED et l’engagement constant de l’organisation d'aider les PMA à réussir leur transition vers un avenir plus inclusif, prospère et durable, tant pour leurs citoyens que pour la communauté mondiale.

Rebeca Grynspan,
Secrétaire générale de la CNUCED

 

Il s'agit d'un rapport qui change la donne : il est inhabituel qu'une organisation classique comme la CNUCED examine les résultats que les politiques économiques ont donnés sur le terrain, démontre l'inefficacité du discours économique dominant et recommande des mesures radicalement nouvelles. Les pays les moins avancés méritaient une analyse aussi poussée. Après un demi-siècle de résultats décevants dus à des stratégies erronées, leur fragilité est ressentie dans le monde entier comme une menace pour la paix mondiale. Le Rapport braque les projecteurs sur les erreurs du passé et présente un programme pragmatique visant à renforcer les capacités productives des PMA, stimuler la demande mondiale et parvenir à une prospérité partagée.

Célestin Monga,
Professeur à la Harvard John F. Kennedy School of Government