L’année 2025 a été une année charnière pour l’ONU commerce et développement (CNUCED). Ce fut l’année de notre seizième conférence ministérielle, la première organisée à Genève depuis notre création en 1964, ainsi que l’année où nos États membres ont adopté le Consensus de Genève, une feuille de route renouvelée pour notre travail à une période de bouleversements mondiaux extraordinaires.
Ce fut aussi une année marquée par de nombreux chocs. La volatilité des tarifs a remodelé le commerce mondial. Les flux d’investissement vers les pays en développement se sont affaiblis. L’endettement s’est alourdi. Les flux d’aide ont diminué. Pour les économies les plus vulnérables — pays les moins avancés, pays en développement sans littoral, petits États insulaires en développement — ces pressions se sont additionnées, rendant la voie vers la transformation structurelle plus escarpée que jamais. Chacun de ces chocs a exigé une réponse dans le cadre de nos trois piliers d’action : dans notre recherche et analyse, dans notre rôle intergouvernemental de création de consensus et, sur le terrain, dans notre coopération technique.
La CNUCED elle-même a fonctionné dans des conditions de contraintes budgétaires importantes tout au long de l’année. Les réductions budgétaires ont entraîné la suppression de postes et la pression sur la liquidité à l’échelle du Secrétariat de l’ONU a imposé des choix difficiles quant à ce que nous pouvions réaliser et à quel moment. Certains projets ont été réduits. Certaines réunions ont été écourtées. Certaines publications ont été reportées.
Et pourtant, cette année a aussi illustré ce que la CNUCED peut accomplir sous pression. Lorsque les annonces tarifaires ont commencé à transformer le paysage du commerce mondial, nous n’avons pas attendu que la situation se stabilise. Nous avons lancé des évaluations rapides pour fournir aux États membres une analyse en temps réel des conséquences pour leurs exportateurs, leurs agriculteurs, leurs petites entreprises. Nous avons apporté des éléments factuels à la table lorsque les décideurs en avaient le plus besoin. Nos programmes de coopération technique — de la modernisation des douanes et la gestion de la dette aux réseaux d’entrepreneuriat et à la préparation au commerce numérique — ont continué de produire des résultats dans plus de 100 pays et territoires.
Le point central de l’année a été notre conférence quadriennale, la seizième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. En octobre 2025, les États membres se sont réunis à Genève et ont adopté le Consensus de Genève, un résultat global qui a réaffirmé le rôle de la CNUCED en tant que bras du développement du système des Nations Unies et fixé des priorités claires pour les années à venir. Dans ce Consensus, les États membres nous ont demandé d’approfondir notre soutien au commerce électronique et à l’économie numérique, de renforcer notre appui aux pays en voie de sortir du statut de pays les moins avancés et de renforcer notre engagement auprès des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement. Ils ont reconnu l’importance croissante du commerce des services en tant que nouveau levier de transformation structurelle, ainsi que l’urgence de traiter la gouvernance des minerais essentiels, les flux financiers illicites et la représentation des pays en développement dans l’architecture financière internationale.
Ce rapport annuel rend compte des réalisations de la CNUCED tout au long de cette année exigeante. Les pages qui suivent abordent chaque dimension de notre travail, depuis les publications phares qui ont orienté les débats politiques, jusqu’aux processus intergouvernementaux qui ont permis de bâtir le consensus, en passant par la coopération technique qui a traduit les mandats en un appui concret aux pays en développement. Elles témoignent de la contribution de chaque division et bureau : mondialisation et stratégies de développement, commerce international et produits de base, investissement et entreprise, technologie et logistique, notre travail sur l’Afrique et les pays les moins avancés, statistiques, mobilisation intergouvernementale et services d’appui ainsi que notre présence à New York. Elles rendent également compte du travail de notre équipe de communication, qui a élargi la portée et la visibilité de la CNUCED à un moment où notre analyse était très demandée.
L’année à venir sera tout aussi complexe. Mais le Consensus de Genève nous donne un mandat clair, et le travail présenté dans ces pages montre une institution qui livre, même sous pression. La CNUCED a été conçue pour des moments comme celui-ci. Elle continuera à y répondre.

Secrétaire générale
ONU commerce et développement (CNUCED)
