Dans des dizaines de pays en développement, l’innovation numérique soutenue par ONU commerce et développement aide les gouvernements à gérer la dette publique de manière plus transparente, à renforcer les institutions et à appuyer la planification du développement à long terme.
© Shutterstock/RomanR | Différentes monnaies de pays africains.
Des données sur la dette transparentes et fiables constituent la pierre angulaire d’une politique économique saine. Lorsque les gouvernements ont une vision claire de leur dette, peuvent évaluer les risques et rendre compte avec précision, ils sont mieux à même de prendre des décisions financières éclairées, de renforcer la confiance des investisseurs et de protéger les ressources publiques.
Depuis 45 ans, ONU commerce et développement (CNUCED) aide les pays à renforcer la gestion de leur dette publique – une base essentielle pour la stabilité économique, la confiance des investisseurs et le développement durable. Aujourd’hui, l’innovation numérique joue un rôle de plus en plus important dans cet effort.
La Zambie illustre parfaitement l’impact concret de ce soutien.
Alors que le pays s’efforce de stabiliser son économie après la restructuration de sa dette et des réformes plus larges, améliorer la transparence et la fiabilité de l’information sur la dette est devenu une priorité essentielle.
Renforcer la gestion de la dette ne se résume pas à la gestion de chiffres ; il s’agit de consolider les institutions publiques et de permettre une meilleure planification du développement.
Innovation numérique pour une gestion plus intelligente de la dette
En mars 2025, la Zambie est devenue le premier pays à installer la dernière version de la plateforme numérique de gestion de la dette de la CNUCED, DMFAS 7, avec le soutien de l’Union européenne, de l’Allemagne et du programme de bonne gouvernance financière mis en œuvre par la GIZ.
L’introduction de ce système s’inscrit dans un mouvement plus large vers une gestion des finances publiques plus transparente et coordonnée.
En remplaçant des processus fragmentés et manuels par une plateforme numérique centralisée, les autorités peuvent enregistrer les transactions plus efficacement, accéder à des informations à jour et produire des rapports plus fiables.
Le système est désormais utilisé à la fois par le ministère des finances et de la planification nationale et par la Banque de Zambie, ce qui renforce la coordination et améliore le partage des informations sur la dette entre institutions.
« En tant que personne chargée de générer des rapports, j’apprécie vraiment que DMFAS 7 soit très facile à utiliser. Cela me permettra de gagner un temps précieux », a déclaré Patrick Makashini, chargé de la gestion de la dette au ministère des finances et de la planification nationale de la Zambie.
De meilleures données, plus de transparence, des institutions renforcées
Au-delà des gains d’efficacité, la véritable valeur réside dans la transparence et la responsabilité. Un meilleur accès à des données précises et à jour permet aux gouvernements de passer d’une prise de décision réactive à une approche proactive.
Cela favorise également des rapports plus clairs à l’attention des partenaires internationaux et renforce la confiance dans les systèmes financiers nationaux.
C’est à ce niveau que l’impact global de la gestion numérique de la dette devient évident. Ces outils ne sont pas de simples modernisations techniques – ils contribuent à améliorer la gouvernance, à soutenir une meilleure gestion des risques et à poser des bases plus solides pour le développement à long terme.
Le soutien de la CNUCED va au-delà de la technologie. Par le biais de la formation, de l’assistance technique et d’une communauté mondiale de praticiens, le programme aide les pays à renforcer leurs compétences, à partager les connaissances et à tirer enseignement des expériences des uns et des autres.
La Zambie s’inscrit dans une tendance mondiale plus large. Depuis 2025, de nouvelles installations de DMFAS 7 ont eu lieu au Soudan du Sud et au Rwanda, tandis que la Mauritanie, le Viet Nam et la Côte d’Ivoire devraient suivre. Plus de 30 pays ont exprimé leur intérêt pour la modernisation de leurs systèmes.
Cette demande croissante reflète l’importance grandissante de la transparence dans un environnement financier mondial complexe.
Des données fiables sur la dette permettent aux gouvernements de mieux gérer les risques, d’interagir plus efficacement avec les créanciers et de renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires du développement.
Renforcer les capacités grâce au partenariat
Cette année marque le 45e anniversaire du programme DMFAS, qui soutient désormais plus de 60 pays en développement dans le monde.
Depuis des décennies, la CNUCED travaille aux côtés des gouvernements pour renforcer la transparence, développer les capacités institutionnelles et soutenir une gestion saine des finances publiques.
L’expérience de nombreux pays partenaires montre comment l’innovation numérique peut concrètement soutenir ce processus.
Mais la dynamique est mondiale : en améliorant la transparence de la dette et en renforçant les institutions, les outils numériques aident les pays à prendre de meilleures décisions, à mieux gérer les risques et à créer les conditions d’un développement durable et inclusif.
