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La jeunesse kényane veut des emplois dans l’économie numérique et s’exprimer

31 août 2021

Convaincus que les jeunes ont la capacité et le pouvoir de façonner leur avenir, certains jeunes kényans exploitent l'économie numérique et veulent faire entendre leurs voix.

Linda Okero présente le travail de son groupe à diverses audiences partenaires.

Les jeunes peuvent être les catalyseurs d’un développement inclusif. C'est le mantra de Linda Okero, une passionnée de communication qui dirige le Pôle d’activités des jeunes Kényans, un groupe de jeunes pionniers basé à Nairobi.

Leur mission est d'intégrer la voix des jeunes marginalisés dans l'agenda du développement en fournissant une plateforme éducative pour qu'ils s'informent sur les sujets qui les concernent tout en développant leurs compétences en matière de management, grâce à des programmes de renforcement des capacités.

"Nous voyons des milliers de jeunes Kényans participer activement à des discussions sur les opportunités économiques et partager leurs difficultés à trouver des moyens de subsistance décents", explique Mme Okero.

Près de 60 % de la population africaine est âgée de moins de 25 ans, selon le rapport du Forum Mo Ibrahim 2019. Beaucoup de jeunes connaissaient des difficultés économiques avant même la crise du coronavirus, qui a encore accentué leur vulnérabilité.

Le Pôle d’activités des jeunes Kényans aide les jeunes des communautés à façonner leur avenir en les dotant des compétences nécessaires pour s'engager efficacement dans des activités de formation et favoriser un dialogue intergénérationnel avec les décideurs. "L'objectif ? Construire un nouveau récit pour l'avenir de l'Afrique", déclare Mme Okero.

Exploiter le potentiel du numérique

Alors que la pandémie de COVID-19 accélère la transformation numérique dans tous les secteurs - poussant l'essor des plateformes et, avec elle, l'émergence de nouvelles tendances en matière d'emploi, de compétences professionnelles et d'opportunités - les jeunes du Kenya envisagent leur avenir professionnel avec espoir et optimisme.

Les jeunes économiquement autonomes sont plus susceptibles d'accéder à des postes de direction, d’oser s’exprimer et de proposer des solutions, manifestant leurs espoirs et leurs visions pour un avenir meilleur", déclare Mme Okero.

Au Kenya, l'accès au numérique a contribué à remodeler le concept de travail. De nombreux jeunes chômeurs, étudiants ou jeunes professionnels se tournent vers de nouveaux emplois disponibles à court terme ou dans la gig économie, pour gagner un revenu supplémentaire.

Au cours des cinq prochaines années, la gig économie devrait connaître une croissance annuelle de 33 % dans le pays, offrant aux jeunes dotés de compétences numériques adaptées une chance de concourir pour des opportunités à l'échelle mondiale.

Dans ce contexte, le commerce électronique connaît une forte croissance. En 2020, environ 15 millions de Kenyans ont fait des achats en ligne dépensant ainsi 1,1 milliard de dollars .

Pour bénéficier de l’essor de ce secteur, le Pôle d’activités des jeunes Kenyans a lancé le projet " Faites entendre votre voix sur les ODD " afin de sensibiliser les jeunes aux nouvelles opportunités d'emploi dans l'économie numérique.

Plus de 15 000 personnes ont participé aux webinaires du groupe sur l'avenir du travail organisés en collaboration avec d'autres organisations.

"Nous voulions démystifier le concept de gig économie, écrire une nouvelle histoire économique pour l'Afrique, afin de dévoiler au monde le potentiel de notre jeunesse", explique Mme Okero.

Pour soutenir les groupes défavorisés et vulnérables, le projet comprend des séminaires destinés aux jeunes du camp de réfugiés de Kakuma, situé dans le nord-ouest du Kenya.

"Les gens essaient juste de survivre, ils n'ont plus d'espoir", dit Mme Okero. "En leur donnant la possibilité d'acquérir une ou deux compétences, on les aide à retrouver leur voix, leurs espoirs et leurs rêves."

Lever les obstacles, construire des ponts

Selon le Rapport mondial des Nations Unies sur la jeunesse 2020 , la participation des jeunes aux processus formels de prise de décision et de construction de la communauté nécessite la suppression des obstacles structurels, comme certaines valeurs ou croyances. 

Mme Okero et son équipe s'attaquent à ces obstacles et construisent un pont entre la jeunesse africaine et les partenaires au développement du continent.

Leur projet fait partie d'une trilogie d'initiatives de transformation socio-économique soutenant le Forum des jeunes de la CNUCED, prévu du 16 au 18 septembre dans le cadre de la 15e conférence quadriennale de la CNUCED. Mme Okero sera l'un des orateurs de ce forum.

Son groupe est également impliqué dans un défi sur 10 ans portant sur le développement durable appelé "My2030Vow", une campagne qui encourage les gens à travers le monde à s'engager en faveur des objectifs de développement durable des Nations Unies vers une responsabilité individuelle et collective.

Faire du commerce une partie de la solution

Le Pôle d’activités des jeunes Kenyans s'attache également à faire du commerce une partie de la solution aux défis qu’ils affrontent.

Ce pôle s'est associé à la Kenya Trade Network Agency pour organiser des ateliers, afin d'explorer comment les jeunes peuvent bénéficier du nouveau marché unique issu de l'accord de la Zone de libre-échange continentale africaine.

"Les jeunes n'ont pas été suffisamment responsabilisés pour réaliser qu'ils peuvent être les instigateurs du changement qu'ils souhaitent voir se produire", déclare Mme Okero.

Pour changer cela, son groupe a invité le Ministère du commerce et le conseil des gouverneurs du Kenya à ajouter leurs voix aux forums sur les sujets qui touchent les jeunes.

Créée lors du Forum des jeunes de la CNUCED 2018, le Pôle d’activités des jeunes leur donne les moyens de penser globalement et d'exprimer leurs points de vue sur les questions relevant du mandat de la CNUCED.