Points clés
- Les services représentent 71 % des intrants intermédiaires mondiaux et leur part dans les exportations mondiales est passée à 27 % en 2025.
- Les services pouvant être fournis à distance par voie numérique ont augmenté en moyenne de 7,1 % par an au cours de la dernière décennie et représentent désormais 56 % des exportations mondiales de services.
- La part des pays les moins avancés dans les exportations mondiales de services est tombée à 0,6 %, tandis que les services pouvant être fournis à distance ne représentent que 16 % de leurs exportations de services.
- Les lacunes en matière de connectivité, de paiements et de compétences continuent de freiner la participation au commerce numérique.
- L’intelligence artificielle et la fragmentation des règles du commerce numérique pourraient aggraver les divisions existantes sans mesures politiques ciblées.
Les services sont devenus un moteur de la production et du commerce mondiaux, soutenant l’industrie, l’agriculture et la participation aux chaînes de valeur mondiales.
Cependant, les avantages ne sont pas répartis de manière égale. De nombreux pays en développement, en particulier les pays les moins avancés (PMA), se heurtent à des obstacles structurels qui limitent leur participation au commerce, en forte croissance, des services pouvant être fournis à distance par voie numérique — ceux pouvant être délivrés à distance via des réseaux informatiques.
Les services sous-tendent de plus en plus la production mondiale
Les services sont de plus en plus intégrés à la production de biens et aux modèles d’affaires des entreprises. En 2022, ils représentaient 71 % des intrants intermédiaires mondiaux — 78 % dans les économies développées et 61 % dans les économies en développement.
Les services constituent également 33 % des intrants intermédiaires dans les exportations de biens industriels des économies développées, contre 27 % dans les économies en développement et 13 % dans les PMA.
Une meilleure mesure du commerce des services, y compris des services intégrés aux exportations de biens, est essentielle pour comprendre leur contribution à la compétitivité, à la diversification et au développement.
Les services pouvant être fournis à distance par voie numérique progressent rapidement, mais les PMA ne suivent pas le rythme
Les exportations mondiales de services ont augmenté d’environ 6,7 % par an au cours de la dernière décennie et de 8,3 % en 2025. Les services pouvant être fournis à distance par voie numérique ont progressé encore plus rapidement, avec une croissance annuelle moyenne de 7,1 %, et représentent désormais 56 % des exportations mondiales de services.
Les PMA n’ont pas suivi le rythme. Leurs exportations de services n’ont progressé que de 3 % par an, tandis que leur part dans les exportations mondiales de services a chuté à 0,6 % en 2025. Les services pouvant être fournis à distance par voie numérique représentent uniquement 16 % des exportations de services des PMA, contre 61 % dans les économies développées.
La compétitivité dans les services à plus forte valeur ajoutée exige des infrastructures numériques, des compétences et des capacités réglementaires plus solides.
Les fractures numériques persistent et l’IA pourrait les accentuer
Une connectivité insuffisante, le coût élevé des paiements internationaux et le manque de compétences entravent la participation au commerce des services numériques. Les écarts en matière d’accessibilité et de connectivité demeurent importants entre économies développées et en développement.
La moitié des pays affichant les coûts de transfert de fonds les plus élevés sont des PMA. L’intelligence artificielle (IA) pourrait également accentuer les inégalités existantes, la capacité informatique, les données, les financements et l’expertise étant concentrés entre un petit nombre d’économies et d’entreprises. Moins d’un tiers des pays en développement ont adopté des stratégies nationales relatives à l’IA.
Les pays ont besoin d’infrastructures numériques et de compétences renforcées, de systèmes de paiement améliorés et d’une meilleure préparation à l’IA, avec l’appui de la coopération internationale.
Les règles du commerce n’ont pas suivi le rythme de l’économie numérique
Les règles multilatérales du commerce des services ont été, dans l’ensemble, conçues avant l’ère numérique. Les dispositions sur le commerce numérique se sont rapidement multipliées à travers des accords régionaux et bilatéraux, entraînant un environnement réglementaire plus fragmenté et une participation inégale.
Parmi les accords commerciaux préférentiels signés entre 2000 et 2025, 55 % incluent des dispositions sur le commerce électronique ou le commerce numérique. Depuis 2020, 90 % des pays développés, 62 % des pays en développement et 66 % des PMA ont participé à des accords contenant de telles dispositions.
Une plus grande transparence, une coopération réglementaire et des capacités de négociation accrues peuvent aider les pays en développement à participer de manière effective à l’élaboration de nouvelles règles, afin que celles-ci reflètent les divers niveaux de développement et les priorités nationales.
Mettre les services au service du développement
De nombreux pays en développement, en particulier les PMA, restent faiblement intégrés au commerce des services en forte croissance, notamment dans les services pouvant être fournis à distance par voie numérique.
Le rapport identifie trois priorités : améliorer les données sur le commerce des services, renforcer les infrastructures et compétences numériques, et assurer une participation plus significative des pays en développement à l’élaboration des règles internationales. Ensemble, ces mesures peuvent aider les pays à transformer la croissance des services en gains de productivité, en compétitivité et en diversification économique.
