Asie du Sud-Est : comment les start-ups stimulent l’investissement

19 octobre 2022

L’essor des start-ups dans la région est un facteur du dynamisme de l’investissement étranger direct dans cette région, selon un rapport CNUCED-ANASE.

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© Twinsterphoto/Shutterstock | Grab riders à Bankok, Thaïlande. La société, fondée en Malaisie en 2012, est devenue l’une des entreprises technologiques les plus importantes d’Asie du Sud-Est.

Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ont bondi de 42 % pour atteindre 174 milliards de dollars en 2021, dans un rebond vers le record de 2019 avant que la pandémie de COVID-19 ne fasse baisser les investissements.

L’augmentation des IDE vers les pays de l’ANASE a dépassé le taux de croissance moyen de 30 % pour les économies en développement, soulignant la résilience de la région en matière d’investissement malgré les vagues successives de la pandémie.

L’un des facteurs clés de cette belle performance réside dans le dynamisme de l’écosystème des start-ups de la région, selon un rapport conjoint CNUCED-ANASE publié en septembre 2022.

Le nombre de start-ups de l’ANASE ayant levé plus de 1 million de dollars de financement a presque triplé pour atteindre le nombre de 1 920 sur la période 2015 - 2021 – un taux 85% plus élevé qu’en Europe et 65% plus rapide qu’aux États-Unis au cours de la même période.

Les licornes de la région – nom donné aux start-ups dont la valeur atteint ou dépasse le 1 milliard de dollars – ont également proliféré, leur nombre passant de deux en 2014 à 46 en 2021. L’ANASE se classe désormais après les États-Unis, la Chine et l’Inde.

« La montée en puissance des start-ups et des licornes entraîne une croissance rapide des fonds régionaux et mondiaux de capital-investissement et de capital-risque dans la région », indique le rapport 2022 sur l’investissement de l’ANASE.

« Ces activités ont des implications importantes pour l’IED et l’investissement intra-ANASE », indique le rapport intitulé « Reprise après la pandémie et facilitation de l’investissement ».

Un moteur de l’investissement intra-ANASE

Plus important encore, pour stimuler les investissements dans la région, bon nombre des start-ups et des licornes les mieux financées de l’ANASE étendent leurs activités au-delà des frontières nationales dans les principaux secteurs émergents.

Ces start-ups sont devenues un moteur de l’investissement intrarégional saisissant de nouvelles opportunités dans les secteurs tels que le commerce électronique et la fintech.

« Les startups – en particulier les licornes – ont joué un rôle essentiel dans le développement de ces nouvelles tendances et ont contribué à la transformation de l’industrie 4.0 dans l’ANASE », indique le rapport.

Le rapport constate que sur les 100 start-ups les plus financées de la région en 2022, 42 ont une présence physique dans au moins un autre pays membre – et beaucoup d’entre elles opèrent dans au moins deux localisations dans la région.

« La plupart des start-ups ont du mal à étendre leurs activités au-delà des frontières nationales », explique James Zhan, Directeur de la Division de l’investissement et des entreprises de la CNUCED. « Un pourcentage aussi élevé de succès dans ce domaine à l’intérieur de l’ANASE montre le dynamisme et souligne les avantages de l’intégration régionale de son écosystème de start-ups. »

Pour les licornes de la région, le pourcentage est encore plus élevé. Plus de 82 % sont actives dans des investissements transfrontaliers vers plusieurs pays de la région et au-delà, contribuant ainsi de manière significative à l’économie numérique de la région.

« Dans leur régionalisation, les start-ups et les licornes (principalement dans le domaine technologique) jouent un rôle important dans la connexion des pays et des marchés. Ils peuvent contribuer à faciliter l’intégration régionale », indique le rapport.

Recherche de nouveaux marchés

Au-delà des facteurs d’incitation et d’attraction qui poussent les start-ups et les licornes de l’ANASE à investir au niveau régional, le rapport met aussi en évidence la conquête de nouveaux marchés parmi les principales motivations.

« Une majorité écrasante (96) des 100 start-ups financées par des investissements régionaux se sont étendues à d’autres États membres de l’ANASE principalement en raison de prospection de nouveaux marchés », indique le rapport.

Parmi les autres motivations figurent les possibilités d’accès au financement, au développement technologique, aux actifs stratégiques et aux partenariats à l’étranger.

Le rôle des mesures de facilitation de l’investissement

Au cours des dernières décennies, les membres de l’ANASE ont mis en place divers types de mesures de facilitation de l’investissement – telles que la rationalisation des procédures et exigences administratives – et le rapport a souligné le rôle clé qu’elles ont joué.

« Bien que les mesures facilitent l’investissement en général, elles ont aidé les start-ups de la région à attirer davantage d’investissements étrangers et à investir leurs propres capitaux dans d’autres pays », explique M. Zhan.

Le rapport évalue les progrès réalisés sur les principaux types de mesures de facilitation des investissements inclus dans le Cadre de facilitation des investissements de l’ANASE signé en 2021.

Il constate que tous les Etats membres ont mis en place 80% des mesures, mais note que certains pays doivent prendre des mesures concernant les « plateformes numériques uniques » et la « facilitation des facteurs de soutien à l’investissement ».

Malgré les progrès réalisés, le rapport identifie des possibilités d’amélioration et recommande que les États membres de l’ANASE se concentrent sur l’ensemble des mesures qui auraient le plus grand impact pour faciliter l’investissement.

Il s’agit notamment d’améliorer l’information mise à la disposition des investisseurs, de rendre les règles, réglementations et processus d’investissement plus transparents et de simplifier les procédures administratives.

De telles mesures aideraient un plus grand nombre d’entreprises en création à surmonter les problèmes auxquels elles sont confrontées pour « se régionaliser », comme le manque de connaissance du marché étranger et la peur de l’inconnu, la méconnaissance des exigences réglementaires.

« Ces défis doivent être relevés par des mesures politiques, un accompagnement et des programmes de renforcement des capacités », indique le rapport.