L’ONU commerce et développement (CNUCED) soutient la production durable de café arabica en RDP lao, en Thaïlande et au Viet Nam afin de renforcer les exportations, améliorer les moyens de subsistance et protéger les écosystèmes, alors que les marchés mondiaux exigent une production plus écologique.
© Shutterstock/Somchai_Stock | Une agricultrice s’occupe de plants de café arabica à Gia Lai, Viet Nam.
Chaque matin, des millions de personnes se servent une tasse de café. Derrière chaque tasse se cache un défi croissant : répondre à la demande mondiale sans accélérer la déforestation, la perte de biodiversité et la pression sur les communautés rurales.
Pour les pays en développement producteurs de café, il ne s'agit pas seulement d'une question environnementale. Elle devient de plus en plus une question économique.
À l’échelle mondiale, les exportations de produits issus de la biodiversité ont atteint 3 780 milliards de dollars en 2024, soulignant l’intégration profonde de la nature dans l’économie mondiale. Les produits alimentaires et les boissons représentent une part importante de ce commerce, faisant du café un exemple concret de l’intersection entre biodiversité, moyens de subsistance et exportations.
Le café au cœur du défi de la biodiversité
La culture conventionnelle de café en monoculture peut réduire la couverture arborée, détériorer les sols et exercer une pression sur les écosystèmes. Les systèmes durables de café arabica fondés sur l’agroforesterie offrent une voie différente.
En intégrant des arbres indigènes autour des plants de café, l’agroforesterie peut favoriser la pollinisation, améliorer la santé des sols et renforcer la résilience face aux ravageurs et aux événements climatiques extrêmes. Ces avantages peuvent renforcer les rendements, réduire les risques et contribuer à la préservation de la biodiversité.
Ces bénéfices vont également au-delà de la ferme. Une production de café respectueuse de la biodiversité peut créer de nouvelles opportunités pour les moyens de subsistance ruraux, les femmes et les communautés locales, tout en aidant les producteurs à répondre à des exigences de marché plus strictes.
Transformer la durabilité en valeur à l’exportation
Avec l’appui du Compte pour le développement des Nations Unies, la CNUCED collabore avec des parties prenantes publiques et privées en RDP lao, en Thaïlande et au Viet Nam pour renforcer les exportations durables de café arabica et améliorer les systèmes de traçabilité.
Le potentiel économique est déjà visible. Selon la base de données Commerce et biodiversité de la CNUCED, les exportations thaïlandaises de produits issus de la biodiversité dans le secteur du café et de ses dérivés ont atteint environ 154 millions de dollars en 2024, soit une hausse de 22,3 % par rapport à 2023. Cela témoigne d’une demande croissante et de perspectives d’augmentation de la valeur ajoutée dans les pays producteurs.
« L’agroforesterie offre à la RDP lao une voie importante pour parvenir à la croissance économique, tout en préservant la biodiversité et en renforçant la résilience climatique », a déclaré Vithoun Sithimorlada, Directeur général adjoint du Département de la promotion des MPME, Ministère de l’industrie et du commerce de la RDP lao. « La production durable de café arabica crée non seulement des opportunités de revenus pour les communautés rurales, mais encourage également la protection des forêts et des écosystèmes pour les générations futures. »
Les femmes au cœur du changement local
Le projet met l’accent sur les agricultrices locales, qui jouent un rôle majeur dans la production et la transformation du café arabica.
Lors d’une mission d’enquête menée dans la province de Xiangkhouang en RDP lao en mars 2026, la CNUCED a visité une unité de transformation du café entièrement gérée par des femmes qui travaillent aujourd’hui à la création d’une coopérative. Les autorités locales considèrent cette initiative comme un exemple pour d’autres communautés souhaitant créer de nouvelles opportunités de revenus grâce à la production durable de café.
« L’expérience des producteurs de café dans la province de Xiangkhouang démontre le fort potentiel du café arabica pour soutenir le développement local durable dans les régions nord de la RDP lao », a déclaré Sonephet Sihapanya, Directeur adjoint de division, Département de la promotion des MPME, Ministère de l’industrie et du commerce de la RDP lao. « L’agroforesterie du café peut créer de l’emploi, autonomiser les femmes et offrir de nouvelles opportunités économiques aux communautés rurales, tout en préservant la biodiversité. »
Une leçon plus large pour le commerce vert
Pour la CNUCED, la leçon dépasse le seul café. Le commerce peut soit contribuer à la perte de biodiversité, soit faire de l’utilisation durable de la nature une source de moyens de subsistance durables. L’action pour la biodiversité ne peut se limiter à la conservation. Elle doit aussi influencer la manière dont les économies produisent, commercent et créent de la valeur à partir de la nature, et déterminer qui en tire profit.
Alors que les pays en développement font face à des pressions climatiques, à des règles de marché plus strictes et au besoin de diversifier leurs exportations, les chaînes de valeur fondées sur la biodiversité, comme le café durable, peuvent offrir une voie vers des économies plus résilientes, des écosystèmes en meilleure santé et une croissance plus inclusive.
Le défi consiste à faire en sorte que le commerce plus vert devienne un pont vers de meilleurs moyens de subsistance et une protection accrue de la biodiversité, et non un obstacle supplémentaire pour les petits producteurs.
