Renforcer la résilience post-pandémique par la science, la technologie et l'innovation

12 mai 2021

Des dirigeants des Nations unies, avec en tête la Vice-Secrétaire générale Amina Mohammed, et des experts se réunissent pour examiner comment les nouvelles technologies peuvent améliorer la vie quotidienne pendant et après la reprise de la crise de COVID-19.

News

La pandémie a mis en évidence la nécessité de s'assurer que tous aient accès aux avantages des nouvelles technologies, y compris aux vaccins. / © UNICEF/UN0415226/Reddy

La CNUCED va accueillir des experts de renom pour explorer comment la science, la technologie et l'innovation (STI) peuvent contribuer à une reprise durable et résiliente après la pandémie de COVID-19. La Commission des Nations Unies sur la science et la technologie pour le développement (CSTD) se réunira du 17 au 21 mai.

La Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Amina Mohammed, conduira les débats qui examineront comment la science, la technologie et l’innovation peuvent contribuer à reconstruire les systèmes de soins de santé et les structures socio-économiques après la COVID-19, tout en réduisant les inégalités révélées par la pandémie.

"En effet, la science et la technologie ont joué un rôle central dans la lutte mondiale contre la COVID-19", a déclaré Mme Mohammed. "D'importantes ressources financières, investies de manière stratégique, seront nécessaires pour garantir que les bénéfices pour le développement ne soient pas perdus."

Mme Mohammed a déclaré que la reprise post-pandémie pourrait offrir l'occasion de se concentrer sur trois transitions clés fortement liées à la science, à la technologie et à l’innovation: accélérer le développement des énergies renouvelables, transformer la façon de produire, de consommer et de se nourrir, et assurer un avenir numérique inclusif.

Parmi les autres participants à la 24e session de la CSTD figureront le président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Munir Akram, le président de la 75e Assemblée générale des Nations Unies, Volkan Bozkır, le Secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, Houlin Zhao, la lauréate du prix Nobel de chimie, Jennifer Doudna, et la Vice-présidente de BioNTech RNA Pharmaceuticals, Katalin Karikó.

Priorité à la science, à la technologie et à l'innovation

"La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’urgence qui prévaut de mettre en première ligne la science, la technologie et l’innovation dans l'élaboration des politiques, pour l’allocation des ressources et dans le cadre de la coopération internationale", a déclaré Shamika N. Sirimanne, directrice de la technologie et de la logistique à la CNUCED, qui dirige également le secrétariat de la CSTD.

"Mais les gouvernements doivent également s'assurer que les avantages de la science, de la technologie et de l'innovation en matière de développement se traduisent directement dans la vie quotidienne des personnes partout dans le monde", a ajouté Mme Sirimanne.

En outre, Mme Sirimanne a ajouté qu'il est vital que tous les pays aient un égal accès aux traitements qui sauvent des vies, non seulement dans le cadre de la pandémie mais aussi dans le cas de maladies liées à la pauvreté, lors de futures urgences sanitaires et autres épidémies de maladies infectieuses.

Combler le fossé en matière de santé et de bien-être

Cette année, la session de la CSTD abordera le thème suivant : " Utiliser la science, la technologie et l’innovation pour atteindre en temps voulu l’objectif de développement durable n o 3 concernant la vie en bonne santé et le bien-être."

Les experts examineront les possibilités qu’offrent les technologies de pointe, certaines étant utilisées dans la réponse à la pandémie, comme l'intelligence artificielle, le big data et la robotique.

Si ces technologies peuvent permettre aux pays en développement de sauter des étapes vers le progrès technologique et transformer leurs économies et leurs sociétés, ces pays - notamment les moins développés d’entre eux - ne sont généralement pas prêts à les mettre en œuvre, étant contraints par de faibles ressources et des capacités limitées.

En outre, le risque existe bel et bien que les technologies d'avant-garde exacerbent les inégalités existantes ou créent de nouvelles fractures numériques entre les nantis et les plus démunis, comme l’a montré d’ailleurs le Rapport sur la technologie et l'innovation 2021 de la CNUCED.

"La pandémie de COVID-19 a déjà révélé de profondes inégalités numériques au sein des pays et entre eux", a déclaré Mme Sirimanne.

Selon elle, des interventions politiques proactives, la mobilisation de tous les partenaires et une coopération internationale renforcée sont nécessaires pour faire en sorte que les progrès scientifiques, technologiques ainsi que dans le champ de l’'innovation conduisent à une reprise durable et résiliente après la pandémie.

La blockchain au service du développement

Les travaux de la CSTD porteront également sur le thème suivant : " Tirer parti de la chaîne de blocs pour le développement durable : perspectives et difficultés ".

Dans une économie et une société de plus en plus numérisée, la sécurité et la responsabilité des transactions numériques sont des éléments essentiels pour générer de la confiance et permettre des innovations disruptives majeures dans le monde numérique.

À cet égard, la technologie de blockchain pourrait changer la donne et révolutionner des processus allant de la finance aux industries pharmaceutiques, des services publics au travail humanitaire, en passant par l'aide au développement, comme le note un document de la CNUCED.

La blockchain est la technologie utilisée dans le développement des crypto-monnaies, permettant des transactions ouvertes (peer-to-peer), sécurisées et rapides. L'application de la blockchain s'est étendue à diverses transactions financières telles que les paiements en ligne et les plateformes d'échange, ainsi qu'à l'Internet des objets (IoT), aux systèmes de santé et aux chaînes d'approvisionnement.

Cependant, le document de la CNUCED indique que les questions liées à l'évolutivité, les préoccupations en matière de protection de la vie privée, des normes réglementaires floues et les difficultés posées par la technologie pour l'intégration d’applications existantes constituent quelques-unes des contraintes sur ce marché.

"Bien que nous ayons relevé certains potentiels de la blockchain qui permettraient de relever les défis du développement durable, nous devons éviter tout battage médiatique et nous assurer de bien comprendre comment la blockchain peut être utilisée efficacement dans les réponses apportées aux besoins des pays en développement", a déclaré Mme Sirimanne.

Avancées du Sommet sur la société de l'information

La session de la CSTD examinera également les progrès accomplis dans la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI).

L’année 2020 a été l’occasion de tenter d’édifier une société de l’information telle qu’imaginée lors du SMSI.

Les technologies numériques ont joué un rôle crucial pour faire face à la pandémie et la résilience qu’elles ont engendrée a pris diverses formes. On relève par exemple l'utilisation du big data et de l'intelligence artificielle pour les interventions de santé publique et l'utilisation de services numériques pour accélérer la surveillance et le dépistage des infections.

Parmi les autres tendances, citons l'utilisation de l'internet et des plateformes de vidéoconférence pour le travail et l'éducation, ainsi que le recours accru au commerce électronique et aux plateformes de divertissement en ligne.

"En revanche, ceux qui ne disposent pas d'une connectivité abordable ont été gravement désavantagés durant cette pandémie", a déclaré Mme Sirimanne.

Et d’ajouter que d'autres problèmes sont apparus, comme ceux liés à la désinformation généralisée, à la protection de la vie privée et des données, et ceux découlant de la cybersécurité.

La session de la CSTD comprendra une table ronde permettant aux décideurs de haut niveau de partager leurs expériences, les enseignements qu’ils en ont tirés ainsi que les bonnes pratiques. Ils aborderont les défis rencontrés tant aux niveaux national, que régional et international, ainsi que de ceux spécifiques à certains groupes.

Les politiques en matière de science, de technologie et d'innovation au service du développement

La commission cherche également à sensibiliser ses partenaires, à stimuler un dialogue politique sur le rôle de la science, de la technologie et de l'innovation dans le développement national et à encourager le renforcement des liens entre ces domaines.

Elle comprendra une session intitulée "Appliquer une optique de genre aux politiques en matière de science, de technologie et d'innovation au XXIe siècle " et des présentations d'examens des politiques en matière de science, de technologie et d’innovation de la République dominicaine, de l'Ouganda et de la Zambie.

À propos de la CSTD

La CSTD est un organe subsidiaire de l'ECOSOC et l’entité au sein de l'ONU chargée des questions en lien avec la science, la technologie et l’innovation au service du développement. Elle analyse comment celles-ci, y compris les technologies de l'information et de la communication, servent de catalyseur à l'Agenda 2030 pour le développement durable.

Elle sert de forum pour la planification stratégique, le partage de l’expérience acquise et des meilleures pratiques, la prévision des tendances principales en matière de science, de technologie et d'innovation dans les secteurs clés de l'économie, de l'environnement et de la société, et pointe les technologies émergentes et disruptives.

Les participants à la session de cette année comprendront des ministres et des représentants de gouvernements, de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire et d'organisations internationales et régionales. La plupart des États membres des Nations Unies seront représentés par des délégations de haut niveau.