Le produit intérieur brut (PIB) mesure la production économique mais ne reflète pas pleinement ce qui compte : le bien-être, l’équité et la durabilité. Malgré des décennies de croissance, de nombreuses personnes ont le sentiment d’être laissées pour compte, tandis que les pressions sur la planète continuent d’augmenter. Cet écart montre que le PIB à lui seul ne suffit pas à mesurer le véritable progrès.
Le rapport propose une voie pratique à suivre. Il présente le premier plan d'action mondial pour aller au-delà du PIB, en plaçant les personnes et la planète au centre de la prise de décision. Il marque le début d’un processus plus long visant à redéfinir notre manière de mesurer le progrès. Après tout, ce que nous mesurons influence ce que nous valorisons.
Mesurons ce qui compte. Adoptons ces nouveaux indicateurs qui complètent le PIB et révèlent l’ensemble des enjeux et opportunités auxquels notre monde est confronté en ce moment exceptionnel de l’histoire.
Une nouvelle définition du progrès
Le progrès devrait être mesuré par le bien-être des personnes et de la planète, et non uniquement par la production économique. Le rapport définit le progrès comme un bien-être équitable, inclusif et durable, fondé sur la paix, les droits humains et le respect de la planète.
Il reconnaît que tout progrès repose sur les principes fondamentaux de paix, de droits humains et de respect de la planète. Il met en évidence que :
- Le bien-être est autant collectif qu’individuel
- Les personnes et la planète sont profondément interdépendantes
- Les retombées transfrontalières ont une importance dans un monde interdépendant
Le rapport donne la parole aux sans-voix en valorisant le bien-être des individus, indépendamment de leur production économique, et en préservant les besoins des générations futures.
Ensemble, ces principes offrent une manière plus claire d’évaluer si la vie des populations s’améliore et si les progrès peuvent durer.
Rendre visible ce que le PIB néglige
Un message central est que des dimensions clés du progrès échappent au PIB.
Le PIB mesure la production économique, mais il n’indique pas si les populations vivent bien, si la production et la consommation nuisent à la planète, si les opportunités sont partagées ou si le progrès peut se poursuivre dans le temps.
Le cadre proposé répond à ces limites en :
- Mesurant directement les résultats en matière de bien-être
- Suivant l’équité et l’inclusion
- Surveillant les capitaux qui soutiennent le bien-être futur, y compris les capitaux naturels, humains, sociaux et institutionnels
Un tableau de bord pratique, prêt à l’emploi
Au cœur de la proposition figure un tableau de bord de 31 indicateurs que les pays peuvent utiliser pour suivre les progrès au-delà du PIB.
Le tableau de bord a été conçu pour être pratique :
- Environ la moitié des indicateurs sont issus directement des Objectifs de développement durable (ODD), ce qui permet aux pays de commencer immédiatement
- Il est propre à chaque pays et adaptable
- Il rassemble les dimensions économiques, sociales et environnementales
Il couvre aussi des domaines encore mal mesurés, notamment certains aspects des conditions sociales, de la durabilité environnementale et du bien-être.
Lier les données à l’action politique
Le rapport insiste sur le fait que les données doivent guider les décisions. Le tableau de bord est destiné à éclairer les politiques, et non simplement à décrire les résultats.
Pour soutenir cela, il préconise :
- L’utilisation des indicateurs dans la planification, la budgétisation et les processus politiques
- Le renforcement des systèmes de données et des capacités statistiques
- La production de données plus régulière et cohérente
Les pays peuvent commencer avec les données existantes et élargir au fil du temps. Le rapport appelle à des indicateurs renforcés dans les domaines où l’information demeure limitée.
Un effort partagé pour aller au-delà du PIB
Le rapport présente cette démarche comme un effort collectif et de long terme. Le progrès dépend de l’action à tous les niveaux : gouvernements, institutions et société.
Les principales recommandations sont :
- Que les gouvernements investissent dans les statistiques, les données et l’innovation
- Que les pays mettent en place des initiatives nationales de mesure du progrès
- Que les Nations Unies accompagnent la mise en œuvre, y compris par un processus mondial de renforcement des capacités et de suivi
- Que la communauté statistique améliore les méthodes et comble les lacunes en matière de données
- Que la société civile et d’autres parties soutiennent la mesure et la redevabilité
La CNUCED et le programme au-delà du PIB
ONU commerce et développement (CNUCED) joue un rôle actif dans la promotion du programme au-delà du PIB au niveau mondial en tant que co-secrétariat du Groupe d’experts de haut niveau sur l’après-PIB, en apportant ses compétences analytiques, statistiques et en matière de politiques.
L’Indice de croissance inclusive de la CNUCED complète les mesures économiques traditionnelles en intégrant des indicateurs sur la répartition des revenus, les conditions de vie et la durabilité environnementale. Il met en lumière d’importantes disparités entre et au sein des pays, démontrant qu’une croissance plus forte du PIB ne se traduit pas nécessairement par des résultats de développement inclusifs.