La Zambie est un important producteur de cuivre – une ressource essentielle pour les systèmes d’énergie renouvelable, les véhicules électriques et les infrastructures de réseau. Pourtant, la dépendance aux produits de base primaires a généré une création d’emplois limitée, une forte exposition à la volatilité des prix et une vulnérabilité aux chocs externes.
ONU commerce et développement (CNUCED) présente une feuille de route fondée sur des données probantes pour aider la Zambie à aller au-delà des exportations de minerais bruts en développant la valorisation et la diversification autour des minéraux essentiels pour la transition énergétique. Le rapport identifie des produits concrets, estime leur potentiel en matière d’investissement et d’emploi et propose des instruments de politique ciblés pour transformer ce potentiel en production.
Des exportations de cuivre aux pôles industriels
La complexité économique de la Zambie est restée obstinément faible, autour de -0,4 au cours de la dernière décennie, en dessous de la moyenne mondiale de 0. Bien que le pays exporte plus de produits qu’auparavant, cela ne s’est pas traduit par le développement d’activités à plus forte intensité de connaissances. Le passage à des produits plus complexes et connexes est essentiel pour renforcer la résilience et la compétitivité.
L’évaluation identifie 412 produits potentiels dans les secteurs des produits chimiques, du fer et de l’acier, de la machinerie, des plastiques, du papier, des équipements électriques, des articles en cuivre et de la transformation des aliments. Il s’agit de produits que la Zambie peut raisonnablement produire, sur la base d’une analyse de la complexité économique, des données commerciales et de la validation par des experts de l’industrie.
L’analyse met en évidence un ensemble dense d’opportunités dans les métaux, l’ingénierie et les intrants industriels. Les articles en cuivre, les produits en fer et en acier, la machinerie et les produits chimiques industriels s’appuient directement sur la base minière de la Zambie. Les minéraux essentiels peuvent servir d’ancrages pour la fabrication, la production de composants et les services industriels – et non uniquement pour les produits d’exportation.
1,21 milliard de dollars d’investissement – 115 000 emplois potentiels
Un sous-ensemble de produits validés nécessiterait un investissement en capital estimé à 1,21 milliard de dollars et pourrait générer environ 115 000 emplois à travers l’économie. Le fer et l’acier représentent environ 745 millions de dollars d’investissement et plus de 62 000 emplois.
D’autres secteurs à fort potentiel incluent :
- Plastiques : 203 millions de dollars d’investissement et plus de 14 000 emplois.
- Papier et carton : pourraient attirer 82 millions de dollars et créer plus de 9 000 emplois.
- Machines et équipements électriques : nécessiteraient 14 millions de dollars et généreraient plus de 8 000 emplois.
- Produits chimiques : auraient besoin de 50 millions de dollars et créeraient plus de 7 000 emplois.
- Transformation des aliments : se distingue par sa haute absorption de main-d’œuvre, générant plus de 2 300 emplois pour un investissement relativement modeste de 13 millions de dollars.
À l’échelle régionale, le potentiel d’exportation au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) s’élève à 199,2 millions de dollars, les principaux marchés étant l’Afrique du Sud, la République-Unie de Tanzanie et l’Angola. D’autres opportunités continentales sont identifiées en Égypte, Éthiopie et Maroc. La diversification doit donc s’inscrire d’emblée dans une optique commerciale.
Contraintes majeures – et comment les surmonter
La diversification est freinée par des goulots d’étranglement qui se recoupent dans la finance, les infrastructures et la technologie. Les secteurs à forte intensité de capital comme les produits chimiques, les équipements électriques ainsi que le fer et l’acier font face à d’importants défis de financement, notamment des exigences élevées en matière de garanties et un accès limité à des financements à long terme. Les petites et moyennes entreprises actives dans la transformation des aliments et la machinerie font également état de contraintes sévères.
Les carences en compétences sont particulièrement marquées dans le secteur des plastiques, où 93,8 % des produits potentiels citent les compétences comme contrainte. Dans le secteur des produits chimiques, c’est le cas de 45,5 %. La Zambie dispose d’un solide cadre institutionnel pour la formation professionnelle. Cependant, les données au niveau des entreprises révèlent un décalage entre les résultats de la formation et les besoins de la production moderne.
Le rapport préconise un cadre politique cohérent fondé sur trois principes :
- Fondement structurel : se concentrer sur les produits qui s’appuient sur les capacités et atouts existants de la Zambie.
- Coherence : aligner les politiques en matière de financement, de compétences, d’infrastructures et de commerce afin qu’elles se renforcent mutuellement.
- Conception axée sur les problèmes : cibler les vrais goulots d’étranglement identifiés par les entreprises au lieu d’appliquer des solutions génériques.
Les instruments de politique couvrent sept domaines, dont le développement des compétences, la recherche-développement et le transfert de technologie, l’investissement et la finance, le soutien aux entreprises et le commerce, les infrastructures, la commande publique stratégique et la politique industrielle verte.
Faire de l’exploitation minière une plateforme d’industrialisation accrue
Le secteur minier de la Zambie génère déjà une demande pour la machinerie, les métaux transformés, les produits chimiques et les services, dont une grande partie est actuellement satisfaite par les importations. En mobilisant les dispositifs d’achat public et les programmes de développement des fournisseurs, cette demande peut être redirigée vers les entreprises nationales.
L’exploitation minière peut passer d’une activité d’enclave à une plateforme d’industrialisation accrue, transformant la richesse en ressources en une capacité productive plus large.
Le rapport conclut que la Zambie possède déjà une grande partie des bases nécessaires pour dépasser la dépendance aux produits de base primaires. L’enjeu central consiste à activer et à aligner ces bases autour de voies de diversification ciblées qui s’appuient sur les minéraux essentiels tout en allant au-delà. Avec une action coordonnée, la diversification peut passer de l’aspiration à la concrétisation.
