Points clés
- L’IA peut accélérer chaque étape de la recherche et du développement.
- Ses avantages sont importants mais inégaux. Les risques techniques et éthiques peuvent nuire à la confiance.
- Les gouvernements ont besoin de cadres politiques adaptatifs, d’approches collaboratives et de mécanismes de gouvernance renforcés.
- La coopération internationale est essentielle pour élargir l’accès aux compétences, aux données et aux ressources informatiques, tout en assurant la protection de l’IA avec des principes éthiques et de responsabilité.
L’intelligence artificielle (IA) transforme la recherche et le développement. Elle peut accélérer l’analyse de données, favoriser la génération d’hypothèses et améliorer l’expérimentation. Mais elle suscite aussi des préoccupations concernant le manque d’explicabilité, la confidentialité des données et la possible déqualification des chercheurs.
Le rapport examine comment les pays en développement peuvent utiliser l’IA pour renforcer la science, la technologie et l’innovation tout en limitant les risques. Il appelle à mettre en place des politiques flexibles et inclusives, soutenues par une gouvernance responsable de l’IA et des données.
L’IA peut accélérer la recherche dans toutes les disciplines scientifiques
L’IA permet de rendre la recherche plus rapide, plus adaptive et plus efficace. Une étude citée dans le rapport estime qu’elle pourrait doubler le rythme de la recherche et du développement et générer jusqu’à 500 milliards de dollars de valeur chaque année. Dans une enquête menée par Nature et citée dans le rapport, plus de la moitié des chercheurs interrogés estimaient que les outils d’IA deviendraient très importants ou essentiels pour leur travail.
Les applications sont déjà très variées.
- AlphaFold a prédit la structure d’environ 200 millions de protéines.
- En science des matériaux, un modèle d’IA a identifié plus de 2,2 millions de nouveaux cristaux, soit l’équivalent de près de 800 ans de recherche traditionnelle.
- Les systèmes d’IA contribuent également à améliorer la prévision météorologique, la modélisation climatique et les alertes précoces pour les événements extrêmes.
Les gouvernements devraient soutenir l’accès à des données de qualité, à des infrastructures numériques et aux compétences pour que les chercheurs et institutions puissent utiliser ces outils efficacement.
Les avantages de l’IA s’accompagnent de risques importants
L’impact de l’IA n’est pas réparti équitablement. Selon une étude, la production des chercheurs les plus performants a presque doublé avec le soutien de l’IA, tandis que le tiers inférieur a peu bénéficié. Les chercheurs ayant une familiarité préalable avec les modèles d’IA étaient 17 fois plus susceptibles de les intégrer à leur travail.
Les risques comprennent des données biaisées ou de mauvaise qualité, des prises de décision opaques et une difficulté à reproduire les résultats. L’IA générative peut produire des affirmations, des résultats et des sources inventés.
On observe également un risque croissant que la dépendance accrue à l’IA réduise les capacités de pensée critique et de résolution de problèmes des chercheurs. Une étude sur la productivité a révélé que 82 % des scientifiques interrogés ont signalé une moindre satisfaction professionnelle, citant une créativité réduite et des compétences sous-utilisées.
Il est essentiel de maintenir l’implication des chercheurs dans les décisions scientifiques. Les politiques doivent également renforcer la transparence et la reproductibilité, et offrir de solides garanties en matière de données et de respect de la vie privée.
La politique de l’innovation doit s’adapter plus rapidement
Le rapport prévient que l’élaboration traditionnelle des politiques peut devenir obsolète avant même la mise en œuvre des nouvelles mesures. Les gouvernements ont besoin d’outils flexibles comme les environnements d’expérimentation réglementaires (regulatory sandboxes), de règles actualisées sur la propriété intellectuelle et d’un suivi en temps réel des politiques publiques.
Ils doivent également encourager la collaboration et l’inclusion en finançant la recherche interdisciplinaire, en créant des centres de recherche spécialisés dans l’IA et en développant des formations publiques et universitaires. Une gouvernance responsable doit promouvoir des ensembles de données de qualité et diversifiés, la responsabilité et la participation du public.
La coopération internationale peut aider les pays en développement à accéder aux données, aux infrastructures numériques et aux partenariats de recherche transfrontaliers. La science ouverte et l’innovation ouverte jouent un rôle clé pour démocratiser le savoir et promouvoir la collaboration. Selon une estimation citée dans le rapport, environ 55 % des modèles d’IA disponibles comportaient des paramètres accessibles au public en avril 2025, ce qui les rend plus faciles à utiliser et à adapter.
Faire de l’IA un outil partagé de développement
L’IA ne pourra devenir un moteur du progrès inclusif que par une coopération mondiale fondée sur l’ouverture, le renforcement des capacités et des principes éthiques partagés. Ces mesures peuvent soutenir une recherche plus ouverte, fiable et réactive face aux besoins du développement.
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