Points clés
- La CNUCED a réuni un groupe de travail informel sur les statistiques du commerce et de la biodiversité, rassemblant des experts de plus de 50 institutions à travers le monde.
- Des données renforcées sur la biodiversité et le commerce peuvent soutenir une élaboration des politiques fondée sur des données probantes, renforçant la durabilité économique, sociale et environnementale tout au long des chaînes de valeur.
- Le périmètre statistique proposé retrace les produits jusqu’aux écosystèmes et aux activités de collecte, culture, production et transformation antérieures au commerce.
- On observe un manque d’indicateurs disposant de données sur les dimensions sociales du commerce de produits issus de la biodiversité.
- La biodiversité fournit aliments, médicaments et matériaux. Elle soutient également des services tels que la régulation du climat et la filtration de l’eau.
Plus de la moitié de la population mondiale dépend de la biodiversité pour ses moyens de subsistance, y compris 70 % des populations pauvres et vulnérables vivant en zones rurales.
Les statistiques commerciales n’indiquent pas si les produits sont durables.
Le commerce peut être associé à la surexploitation, à la destruction des habitats et à la propagation d’espèces envahissantes. Mais lorsque les considérations sociales et environnementales sont prises en compte, le commerce peut soutenir l’emploi, des moyens de subsistance résilients et des incitations à la conservation. Cela est illustré par la mise en œuvre des Principes et critères BioTrade développés par ONU commerce et développement (CNUCED) dans plus de 80 pays.
Le l’outil statistique Commerce et biodiversité (TraBio) de la CNUCED fournit, depuis 2010, des données sur le commerce de produits issus de la biodiversité pour 193 économies. Selon la classification des produits Commerce et biodiversité (TraBio) de la CNUCED, la base de données couvre le commerce de 1 814 produits distincts issus de la biodiversité (sous-positions du SH).
De meilleures statistiques couvrant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement
Pour répondre à cette problématique, la CNUCED a réuni un groupe de travail informel sur les statistiques du commerce et de la biodiversité, rassemblant plus de 80 experts provenant de plus de 50 institutions.
À partir de ces échanges, le rapport recommande d’étendre la couverture des données tout au long des chaînes d’approvisionnement des produits. Cela inclut les écosystèmes d’origine des produits, la collecte, la culture, la production, la transformation et le commerce. La consommation peut être prise en compte lorsqu’elle est pertinente. Les services issus de la biodiversité sont actuellement exclus.
Définitions et collecte de données : principales priorités
Parmi les experts interrogés, 30 % ont choisi la terminologie et les définitions comme priorité principale. La collecte des données suit avec 23 %, puis les types de produits issus de la biodiversité à 21 %.
Les experts ont également identifié plusieurs défis, dont la normalisation des ensembles de données, la définition d’un produit issu de la biodiversité, la facilitation du partage des données et l’amélioration des méthodes de collecte. Le rapport recommande d’harmoniser les définitions et les classifications, de connecter les bases de données existantes et de renforcer les capacités en matière de données, en particulier dans les pays en développement.
La durabilité sociale demeure la principale lacune parmi les indicateurs
Le rapport retient 49 indicateurs existants prioritaires selon 8 critères, avec une pondération de 70 % pour la disponibilité et l’interopérabilité des données (possibilité de relier les données aux statistiques commerciales). Sur les 49 indicateurs, 19 sont environnementaux, 17 économiques, 12 relatifs aux politiques et un seul concerne la durabilité sociale.
Ce déséquilibre montre que les dimensions sociales du commerce de produits issus de la biodiversité restent insuffisamment mesurées.
Le rapport recense également 40 bases de données pertinentes pour l’interface commerce-biodiversité et identifie plusieurs domaines nécessitant un travail supplémentaire, notamment :
- Travail décent et salaires équitables
- Égalité de genre
- Utilisation et droits fonciers
- Équité alimentaire
- Peuples autochtones
Construire un système statistique commun
À court terme, le rapport plaide pour une meilleure intégration des données, des indicateurs actualisés et une coopération renforcée. Sur trois à cinq ans, il recommande de développer de nouveaux indicateurs de durabilité et d’harmoniser les normes. Il propose également un recours accru aux outils géospatiaux, aux données satellitaires, au Big Data et à l’intelligence artificielle.
Au-delà de cinq ans, le rapport propose une base de données unifiée et open source sur la biodiversité et le commerce. Il recommande aussi davantage de transparence dans la chaîne d’approvisionnement pour suivre l’impact du commerce sur les écosystèmes.