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La perturbation dans le détroit d’Ormuz met en évidence l’importance des données d’alerte précoce

Un nouveau tableau de bord de la CNUCED suit les risques pesant sur le transport maritime, l’énergie, l’alimentation et la finance tandis que les chocs liés au détroit d’Hormuz se répercutent sur l’économie mondiale.

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© Shutterstock/Nightman1965

Ce qui avait commencé comme une perturbation du transport maritime dans l’un des corridors maritimes les plus stratégiques du monde est devenu un risque de développement plus large.

Depuis début mars, ONU commerce et développement (CNUCED) a alerté que les perturbations dans le détroit d’Ormuz touchent bien plus que les marchés de l’énergie. Ce détroit assure environ un quart du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime, ainsi que des volumes importants de gaz naturel liquéfié et d’engrais — des biens qui influent directement sur les coûts de transport, la production alimentaire et l’inflation.

La perturbation s’est rapidement aggravée. Les transits de navires dans le détroit ont chuté d’environ 95 %, tandis que les prix du pétrole et du gaz, les tarifs des pétroliers, le coût des combustibles marins et les primes d’assurance contre les risques de guerre ont fortement augmenté. Au 1er avril, la CNUCED avait averti que le choc se répercutait sur le commerce, les prix et la finance, les économies en développement étant confrontées à une dépréciation de leur monnaie, une baisse des cours boursiers et une augmentation du coût de l’emprunt extérieur.

L’impact s’est également étendu du gaz aux céréales. L’analyse de la CNUCED montre que les perturbations de l’énergie et des engrais accentuent les risques pesant sur la production vivrière, l’approvisionnement et les prix, notamment pour les pays déjà confrontés à des factures d’importation élevées, à des pressions de la dette et à une marge de manœuvre budgétaire limitée.

La CNUCED développe des outils de données supplémentaires afin de rassembler des indicateurs sur le transport maritime, l’énergie, l’alimentation et la finance, pour aider les décideurs à mieux comprendre comment les perturbations dans les points de passage maritimes stratégiques peuvent se répercuter sur les marchés mondiaux.

Par example, la hausse des coûts de l’énergie peut entraîner une augmentation des prix des engrais et des denrées alimentaires. La hausse des coûts de transport peut alourdir la facture des importations. Des conditions financières plus strictes peuvent réduire la capacité de réaction des pays.

La dernière édition de la Mise à jour du commerce mondial de la CNUCED montre l’importance de ces enjeux à ce moment précis : le commerce mondial a abordé 2026 avec un certain élan, mais la fragilité croissante — due notamment à l’incertitude géopolitique, aux pressions inflationnistes et à la hausse des coûts du commerce — pèse sur les perspectives d’investissement, de demande et de développement des économies en développement.


Cet article a été mis à jour le 13 mai 2026.