L’infrastructure et les produits liés à l’intelligence artificielle ont contribué à la croissance du commerce des marchandises en 2025 et au début de 2026. En dehors de ces secteurs, la dynamique est restée modérée.
Le commerce mondial de marchandises a entamé 2026 sur une base solide. Mais une grande partie de cet élan provenait de produits liés à l’IA plutôt que d’une croissance généralisée du commerce.
Aux États-Unis, les importations de « machines automatiques de traitement de données », telles que les serveurs et les équipements informatiques de haute performance, ont à elles seules représenté environ les trois quarts de la croissance de 4 % des importations de marchandises en 2025. En Chine, la forte croissance dans la même catégorie a presque compensé le recul net de toutes les autres catégories de produits importés, qui regroupent plus de 5 000 types de produits.
Dans l’ensemble de l’Asie de l’Est, de l’Amérique du Nord et de certaines régions d’Europe, le commerce de produits liés à l’IA a enregistré en 2025 une croissance annuelle à deux chiffres, voire à trois chiffres.
La fabrication technologique a soutenu la résilience industrielle
Dans le même esprit de dynamisme, l’économie mondiale a abordé 2026 sur une base relativement solide après avoir connu une croissance proche de 3 % en 2025. La production industrielle dans les économies en développement est restée plus dynamique que dans les économies avancées jusqu’à la fin 2025 et au début de 2026.
La fabrication axée sur la technologie, en particulier celle liée à l’IA, a joué un rôle clé dans cet élan, notamment en Chine et dans d’autres économies asiatiques émergentes.
La croissance commerciale hors secteurs technologiques est restée inégale
En dehors du secteur technologique, les conditions du commerce de marchandises sont restées nettement plus faibles.
Le rapport note que les secteurs traditionnels tels que les biens de consommation courante, le textile et certains intrants intermédiaires n’ont enregistré que des gains modestes jusqu’au début 2026. Le commerce lié aux matières premières est resté modéré, tandis que les équipements industriels hors secteur technologique ont affiché un dynamisme inégal.
L’ONU commerce et développement (CNUCED) prévoit un net ralentissement de la croissance du commerce de marchandises en 2026. Après une croissance estimée à 4,7 % en 2025, la croissance du commerce de marchandises en volume réel devrait ralentir pour s’établir entre 1,5 % et 2,5 % en 2026.
Un nouveau rapport de la CNUCED indique que les perspectives s’assombrissent en raison du ralentissement de la demande globale, de la faiblesse des investissements, d’une incertitude persistante et des tensions géopolitiques, ainsi que d’un probable essoufflement de la flambée de l’intelligence artificielle.
Un rebond du commerce de plus en plus fragile
La concentration de la croissance sur les produits liés à l’IA rend également le commerce plus vulnérable aux chocs externes dans une économie mondiale ébranlée par l’escalade militaire au Moyen-Orient. Le conflit a perturbé les marchés de l’énergie et les routes maritimes, faisant grimper les tarifs du fret et les coûts du commerce.
La CNUCED prévoit un ralentissement de la croissance mondiale en 2026, alors que la hausse des prix de l’énergie, les perturbations logistiques, la volatilité des marchés et la recherche de valeurs refuges financières pèsent sur l’investissement et la demande.
Les secteurs liés à l’IA restent dynamiques. Mais le rebond général du commerce semble déjà perdre de son élan.
