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Un accord commercial Sud-Sud vieux de plusieurs décennies offre un nouvel espoir pour un avenir durable

01 novembre 2023

Une plus grande coopération et une meilleure coordination des politiques sont essentielles pour relancer l’accord historique portant sur le Système Global de Préférences Commerciales entre Pays en Développement, pour des lendemains plus verts et meilleurs.

A farmer cultivates jasmine rice in Yen Bai Province of Vietnam, a participant of the Global System of Trade Preferences among Developing Countries.
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© Shutterstock/Quang nguyen vinh | Un agriculteur cultive du riz au jasmin dans la province de Yen Bai au Viêt Nam, qui participe au Système global de préférences commerciales entre pays en développement.

Le système global de préférences commerciales (SGPC) entre pays en développement, établi en 1989, n'est pas seulement un accord historique, mais aussi un instrument efficace pour relever les défis d'aujourd'hui.

Créé par le groupe des pays en développement, dit Groupe des 77 (G77), le SGPC vise à promouvoir le commerce entre les nations du Sud, principalement par le biais de réductions tarifaires préférentielles.

Ses 42 membres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine représentent un marché combiné de 16 000 milliards de dollars, générant une demande d'importation de biens de 4 400 milliards de dollars, soit près de 20 % des importations mondiales de marchandises.

La CNUCED apporte un soutien technique et de fond à la mise en œuvre de l'accord, sous la supervision d'un comité des pays participants, son organe décisionnel le plus élevé.

Utilisation productive du SGPC pour relever les défis mondiaux

Alors que l’accord sur les dernières réductions tarifaires du SGPC doivent encore être ratifiées avant d'entrer en son vigueur, ses membres peuvent en même temps réaffirmer leurs ambitions visant le renforcement des domaines clés de la coopération Sud-Sud pour faire progresser le commerce et le développement durables.

Alors que le comité des pays participants suscité se réunissait le 19 septembre pour sa 32e session, la secrétaire générale de la CNUCED, Mme Rebeca Grynspan, a appelé les pays à faire preuve de créativité et à prendre des mesures décisives pour une utilisation productive du SGPC afin de relever les défis mondiaux les plus urgents.

« Dans le contexte actuel de crise multidimensionnelle, le SGPC peut constituer une plate-forme importante pour faire progresser la coopération commerciale en vue d'une transition énergétique durable, de la décarbonisation et d'une plus grande sécurité alimentaire », a déclaré la secrétaire générale.

« Je tiens à vous assurer que la CNUCED s'engage pleinement à soutenir vos efforts pour renforcer la coopération commerciale Sud-Sud dans le cadre du SGPC. »

Promouvoir une transition énergétique juste

La vision collective du monde pour des émissions nettes nulles d'ici 2050 a donné un nouvel élan aux technologies à faible teneur en carbone (TFC) pour propulser une transition énergétique juste au niveau mondial.

Il s'agit notamment de technologies permettant de produire de l'énergie renouvelable à partir de systèmes de production d'énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et de biocarburants durables, ainsi que de sous-systèmes de stockage et de transformation de l'énergie qui fournissent de l'électricité pour l'utilisation finale.

À cet égard, plusieurs membres du SGPC sont déjà en train de devenir des exportateurs compétitifs, comme la Malaisie, le Mexique, Singapour et la Thaïlande.

En outre, le cadre du SGPC peut aider ses membres à faire progresser la transition énergétique durable en renforçant la coopération dans la production et le commerce des produits à faible teneur en carbone.

Le SGPC peut, par exemple, offrir à ses membres un vaste marché mondial pour construire des chaînes de valeur de produits à faible teneur en carbone, grâce à des mesures tarifaires et non tarifaires de soutien.

Améliorer les fournitures et les services de santé

Le commerce entre les membres du SGPC peut faciliter le partage des connaissances en matière de fabrication, encourager l'innovation, diversifier les sources d'importation pour améliorer la résilience et construire des chaînes d'approvisionnement entre eux.

En ce sens, le secteur de la santé peut également bénéficier d'une intégration plus poussée entre les membres du SGPC, dans des domaines tels que les médicaments, les vaccins, les dispositifs médicaux et les services de santé.

Pendant la crise du COVID-19, plusieurs membres du SGPC ont souffert des restrictions à l’accès aux fournitures médicales. L'une des principales causes étant la forte dépendance du groupe à l'égard des importations de produits essentiels en provenance d'une poignée de fournisseurs.

La stimulation du commerce intra-GSTP dans le secteur de la santé publique peut contribuer à améliorer l'accès aux fournitures essentielles, tout en facilitant le commerce des services médicaux tels que le tourisme de santé, l'établissement d'entreprises médicales à capitaux étrangers et la migration temporaire du personnel médical.

Renforcer la sécurité alimentaire

Le secteur alimentaire, et plus particulièrement l'agriculture, la pêche et l'aquaculture, est un autre secteur offrant un potentiel important de coopération et de production durable.

Les produits agricoles bénéficient généralement d'une protection tarifaire plus élevée que les produits industriels. Comme l'a noté la CNUCED, la moyenne des droits de douanes au titre de la clause NPF – c'est-à-dire la clause de la nation la plus favorisée – appliqués aux produits agricoles est de 14,5 % pour les participants au SGPC, contre 8,4 % pour les pays à revenu élevé.

Cependant, en ce qui concerne leurs principales exportations agricoles, les participants au SGPC présentent un degré élevé de complémentarité, car ils occupent des zones climatiques différentes et ont des cultures de consommation variées.

Dans cette optique, le cadre du SGPC vise à garantir la sécurité alimentaire en améliorant l'accès, la disponibilité et l'accessibilité financière, tout en soutenant la diversification des exportations et des importations.

Promouvoir une économie circulaire

Le GSTP peut également contribuer à accélérer la transition vers une économie circulaire durable qui non seulement protège l'environnement en exploitant les ressources naturelles, mais contribue également à la création d’emplois et au développement de nouveaux secteurs et de nouvelles capacités.

Les membres du GSTP ont un avantage dans la production de matériaux naturels. Il peut s'agir d'algues, de bambou et de jute en Asie, de coques de noix de coco et de bagasse dans de nombreux pays des Caraïbes et des îles du Pacifique, ou encore de sisal et d'enveloppes de maïs en Amérique latine.

Le commerce de ces matériaux et des produits connexes peut aider à réduire progressivement la pollution plastique parmi les participants au GSTP, tout en améliorant les possibilités de durabilité, d'intégration et de circularité des chaînes de valeur de l'agriculture, de l'aquaculture et de la sylviculture.