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Plus de capitaux, moins de projets : le paradoxe de l'investissement en Amérique latine


Communiqué de presse
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Traduction non officielle. En cas de divergence, la version anglaise prévaut"
UNCTAD/PRESS/PR/2026/008

Points essentiels

  • L’investissement étranger direct (IED) a augmenté de 14 % pour atteindre 188 milliards de dollars en 2025.
  • Le Brésil a représenté une grande partie de cette hausse, les flux d’IED passant de 63 à 77 milliards de dollars.
  • Les 10 premières économies d’accueil de la région ont capté 95 % des flux régionaux.
  • La valeur des projets de création d'activités annoncés a diminué d’environ un tiers, signalant un pipeline plus faible de futurs projets productifs.

Genève, Suisse, 7 juillet 2026

L'Amérique latine et les Caraïbes ont attiré davantage d'investissements étrangers en 2025 qu'au cours de l'année précédente, malgré une économie mondiale incertaine.

Selon le Rapport sur l'investissement dans le monde 2026 du Commerce et du développement des Nations Unies (CNUCED), les flux d'investissement étranger direct (IED) dans la région, hors centres financiers offshore des Caraïbes, ont augmenté de 14 % pour atteindre 188 milliards de dollars. Cela représentait environ un cinquième de l'ensemble des flux d'IED vers les économies en développement. La hausse a été largement portée par l'Amérique du Sud, notamment le Brésil, tandis que les investissements liés aux matières premières et aux secteurs soutenant la transition énergétique ont continué d'attirer l'intérêt des investisseurs.

Pour le développement, la préoccupation n'est pas de savoir si des capitaux entrent dans la région, mais de savoir s'ils construisent de nouvelles capacités productives, diversifient les économies et soutiennent des activités à plus haute valeur ajoutée.

Pourtant, derrière des résultats d’ensemble plus favorables se cache une réalité plus complexe. Une grande partie de la hausse était concentrée dans un petit nombre de pays et de transactions, tandis que les indicateurs d'investissement productif futur s'affaiblissaient.

Une bonne année, mais pas pour tous

Les chiffres montrent à quel point le rebond est resté concentré.

Les 10 premières économies d’accueil ont représenté 95 % de l'ensemble des flux d'IED en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2025. Le Brésil et le Mexique représentaient ensemble environ les deux tiers des flux d’IED régionaux totaux, illustrant dans quelle mesure les tendances régionales ont été façonnées par quelques grandes économies et un nombre limité de grands projets. Le Brésil était le principal contributeur à la croissance régionale, avec des flux d’IED passant de 63 à 77 milliards de dollars, le plaçant parmi les cinq plus grands récepteurs mondiaux d'investissements étrangers.

Le Mexique est également resté l'une des principales destinations de la région, avec des flux passant d'environ 38 à 41 milliards de dollars, soutenus par son rôle dans les réseaux de production régionaux et les investissements continus dans les services et la fabrication.

Les flux d’IED les plus importants ont été dirigés vers les grands marchés, les matières premières, les secteurs liés à la transition énergétique et les économies intégrées dans les principaux réseaux commerciaux et de production. Mais ces atouts ne se sont pas traduits par un renforcement du pipeline de nouveaux projets productifs dans la région.

Ces chiffres témoignent de la confiance continue des investisseurs dans les plus grands marchés de la région. Ils soulignent également un défi persistant : la hausse des entrées régionales ne se traduit pas automatiquement par des gains généralisés entre les pays ou les secteurs.

Le pipeline d'investissement envoie un signal différent

Le signal le plus clair provient des investissements de création d'activités, souvent considérés comme l'un des meilleurs indicateurs de l'activité productive future.

Alors que les flux d’IED globaux augmentaient, la valeur des projets de création d'activités annoncés a diminué d'environ un tiers, tombant à moins de 120 milliards de dollars. La fabrication et la logistique figuraient parmi les secteurs enregistrant des baisses.

Le déclin a été particulièrement marqué au Mexique, où les valeurs annoncées des projets de création d'activités sont passées de 44 à 24 milliards de dollars, les entreprises ayant reporté ou réduit leurs projets face à l'incertitude des politiques commerciales et industrielles. L'Argentine a également connu une forte baisse, passant d'environ 37 milliards à 1,4 milliard de dollars.

Ce contraste est important car les projets de création d'activités impliquent généralement de nouvelles installations, infrastructures et capacités de production. Moins de nouveaux projets peut signifier moins de futures usines, plateformes logistiques, opportunités pour les fournisseurs et retombées technologiques. Ils offrent souvent une image plus claire de l'activité économique future que les totaux annuels d'IED, qui peuvent être fortement influencés par des fusions, acquisitions ou de grandes transactions financières.

En d'autres termes, davantage de capitaux sont entrés dans la région en 2025, mais moins ont été engagés dans la construction de nouveaux actifs productifs.

L'Amérique latine et les Caraïbes continuent d'offrir de nombreux avantages aux investisseurs, notamment des ressources naturelles abondantes, un potentiel croissant en matière d'énergies renouvelables, de grands marchés de consommation et une proximité stratégique avec les principaux partenaires commerciaux.

Renforcer le pipeline de projets

Le rapport souligne la nécessité de politiques qui transforment l'intérêt des investisseurs en projets productifs bancables. Pour l'Amérique latine et les Caraïbes, cela signifie renforcer la facilitation et le suivi des investissements, améliorer la logistique et les infrastructures énergétiques, soutenir le développement des fournisseurs et utiliser l'intégration régionale pour connecter les économies plus petites aux marchés plus importants et aux chaînes de valeur. Les pays riches en minéraux ou en potentiel d'énergies renouvelables ont également besoin de stratégies qui encouragent l'ajout de valeur locale plutôt que de compter uniquement sur des flux d’IED liés aux matières premières.

Latin America and the Caribbean’s $188 billion in regional context – more capital, fewer projects

En savoir plus sur le Rapport sur l'investissement dans le monde 2026

  • Les investissements mondiaux augmentent de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars, mais les gains en matière de développement restent inégaux.
  • L'Asie en développement domine les investissements parmi les régions en développement tandis que les tendances évoluent au sein de la région.
  • L'Afrique attire des investissements dans les industries stratégiques. Le défi est de les transformer en un développement industriel plus large.

À propos d’ONU commerce et développement (CNUCED)

La CNUCED est le principal organe des Nations Unies dans le domaine du commerce et du développement. Fondée en 1964, elle appuie 195 États membres en leur fournissant des analyses et une assistance technique, et elle facilite le dialogue intergouvernemental.

Elle aide ainsi les pays en développement à tirer parti du commerce, du financement, de l’investissement et de l’économie numérique pour parvenir à un développement inclusif et durable.