La visite de la Secrétaire générale Grynspan met en lumière le potentiel industriel du continent, l’opportunité liée aux minerais critiques et la nécessité d’une action politique soutenue.
© Afrique Business Forum 2026 | La Secrétaire générale Grynspan (deuxième à partir de la gauche et à l’écran) s’adresse au forum organisé en marge du 39e Sommet de l’Union africaine.
La Secrétaire générale d’ONU commerce et développement (CNUCED), Rebeca Grynspan, a conclu une mission d’une semaine en Afrique, mettant en avant les solides perspectives économiques du continent à un moment décisif pour le commerce mondial et la transition énergétique, tout en soulignant les choix politiques nécessaires pour transformer le potentiel en prospérité.
Combinant une participation au Sommet de l’Union africaine avec le lancement de deux évaluations nationales de diversification, la visite s’est concentrée sur une question centrale : comment les pays peuvent-ils changer ce qu’ils produisent pour que ce qu’ils produisent transforme leur économie ?
Addis-Abeba : Promouvoir la souveraineté économique
À Addis-Abeba, Mme Grynspan a participé au Sommet de l’Union africaine et tenu des réunions bilatérales avec des chefs d’État et des hauts responsables. En cette période d’incertitude économique mondiale et de fragmentation géopolitique, les débats ont souligné l’importance de la coopération régionale et de l’action collective pour faire avancer l’agenda du développement en Afrique.
Lors de l’Africa Business Forum, la CNUCED a lancé son Rapport 2025 sur les Pays les Moins Avancés, examinant comment les services peuvent devenir un moteur de transformation structurelle lorsqu’ils sont soutenus par des investissements stratégiques dans les infrastructures et les compétences.
« Je n’ignore pas où je me trouve », a déclaré Mme Grynspan, rappelant les liens historiques entre les mouvements de libération africains et le mandat fondateur de la CNUCED.
« L’indépendance politique sans indépendance économique est incomplète. »
Avec 13 millions de jeunes entrant chaque année sur les marchés du travail des pays les moins avancés d’ici 2050, elle a insisté sur l’urgence de développer des secteurs productifs générant des emplois à grande échelle.
« La transformation structurelle », a-t-elle ajouté, « c’est la différence entre exporter un diamant brut et le tailler. »
Lusaka : Des minerais à l’industrie manufacturière
À Lusaka, la Secrétaire générale a lancé l’Évaluation rapide de la capacité d’ajout de valeur et de diversification de la CNUCED pour la Zambie, élaborée en partenariat avec et financée par le Gouvernement du Japon.
La Zambie, l’un des plus grands producteurs mondiaux de cuivre, est au cœur de la transition énergétique mondiale. L’évaluation identifie plus de 400 produits dans 25 secteurs dans lesquels le pays peut raisonnablement se diversifier, dont 73 liés aux chaînes de valeur des minéraux de transition énergétique, représentant au moins 1,4 milliard de dollars d’opportunités potentielles à l’exportation.
« Le minerai est identique », a déclaré Mme Grynspan.
« Ce qui change, c’est le travail qui l’entoure. »
Passer du minerai de cuivre à des produits à plus forte valeur ajoutée multiplie les emplois, les compétences et le développement des entreprises locales dans toute l’économie.
Elle a également rencontré le Président de la Zambie et des membres du gouvernement ainsi que des partenaires de développement pour discuter du soutien à la diversification commerciale et à la gestion de la dette, notamment par le biais de l’assistance technique de la CNUCED.
Windhoek : Saisir la transition verte
À Windhoek, Mme Grynspan a présenté une évaluation rapide similaire, adaptée aux ambitions de diversification de la Namibie.
L’étude recense 353 produits dans 23 secteurs, dont 60 directement liés aux chaînes de valeur des minéraux de la transition énergétique. Un sous-ensemble prioritaire représente plus de 800 millions de dollars d’opportunités de marché et le potentiel de générer environ 26 000 emplois.
« Les deux tiers des pays en développement restent dépendants des produits de base », a-t-elle indiqué.
« La question est de savoir si la transition énergétique répétera les schémas du passé, ou deviendra le catalyseur d’un changement structurel. »
Un moment charnière
Tout au long de la mission, Mme Grynspan a souligné que la richesse minérale de l’Afrique, le dynamisme démographique et les progrès institutionnels la positionnent avantageusement pour l’avenir.
Mais réaliser cette promesse requiert des politiques industrielles délibérées, des investissements dans les capacités productives et une coopération soutenue aux niveaux régional et international.
La visite a réaffirmé l’engagement de la CNUCED à accompagner les pays africains grâce à des outils pratiques et des analyses fondées sur des données probantes afin de transformer les opportunités en développement inclusif et durable.
