- Les mesures non tarifaires sont le principal facteur des coûts commerciaux pour la plupart des pays, dépassant les droits de douane dans 88 % des cas
- Les pays en développement font face simultanément à une hausse des droits de douane et à des coûts de conformité plus élevés
- Une meilleure transparence à elle seule pourrait réduire de près de 20 % les coûts commerciaux liés à ces mesures
Le véritable coût du commerce évolue
L’édition de mai de la Mise à jour sur le commerce mondial indique que si les droits de douane ont fortement augmenté en 2025, ils n’ont pas constitué le principal obstacle au commerce durant les dernières décennies.
Les plus grands coûts proviennent désormais des mesures non tarifaires, telles que les réglementations techniques, les exigences en matière de santé et de sécurité ainsi que les procédures de certification. Ces mesures déterminent qui peut accéder aux marchés et à quelles conditions.
Pour la plupart des pays, ces exigences coûtent plus cher que les droits de douane.
Un fossé qui se creuse
La charge n’est pas répartie de façon équitable.
Les pays en développement et les pays les moins avancés font face à la fois à des droits de douane plus élevés et à des exigences plus complexes. Dans certaines régions, les droits de douane sur les exportations ont presque doublé en 2025. Parallèlement, le respect des normes est devenu plus contraignant et plus coûteux.
Il en résulte une perte d’échanges commerciaux. Les pays les moins avancés perdent environ 10 % de leurs exportations à destination des marchés du G20, faute de pouvoir satisfaire à ces exigences.
Les petits exportateurs sont particulièrement touchés. Une capacité technique limitée et l’absence d’installations locales d’essais accroissent les coûts et réduisent la compétitivité.
Quand les règles deviennent des obstacles
Le défi ne réside pas uniquement dans les mesures elles-mêmes, mais aussi dans la façon dont elles sont appliquées.
Le manque de transparence complique l’identification et le respect des exigences par les entreprises. L’incertitude engendre des délais et des coûts supplémentaires, en particulier pour les petites entreprises.
Améliorer l’accès à l’information peut réellement faire la différence. Une meilleure transparence pourrait réduire les coûts commerciaux liés à ces mesures d’environ 19 %. Lorsque les exigences ne sont pas correctement notifiées, le coût peut être équivalent à un droit de douane de 28 %.
Réduire les coûts tout en préservant les normes
Les mesures non tarifaires répondent à des objectifs légitimes de politique publique. Elles garantissent la sécurité, la santé et la protection de l'environnement. L’objectif n’est pas de les supprimer, mais de limiter les coûts inutiles.
Une transparence accrue, une meilleure coopération réglementaire et un soutien ciblé peuvent aider les exportateurs à satisfaire aux exigences plus efficacement. L’harmonisation ou la reconnaissance des normes entre pays peut également réduire les coûts, notamment dans les échanges entre économies en développement.
Sans ces mesures, le commerce deviendra en pratique plus restrictif, même là où les droits de douane demeurent faibles.
