Points clés
- Les besoins de relèvement et de reconstruction de Gaza sont estimés à 71,5 milliards de dollars, tandis que 92 % de ses établissements économiques ont été endommagés ou détruits.
- Le PIB palestinien a augmenté de 4,3 % en 2025 mais reste inférieur de 20 % à son niveau de 2022. À Gaza, la valeur du PIB par habitant n’était que de 212 dollars.
- Les pressions budgétaires limitent les services essentiels et augmentent les risques pour la stabilité financière. Les prélèvements et recettes retenues entre janvier 2019 et mars 2026 ont dépassé 3,67 milliards de dollars.
- Les contraintes économiques se sont accentuées en Cisjordanie, où le rapport fait état d’un accès réduit à la terre et aux ressources naturelles et d’un déplacement en hausse.
Le rapport met en avant une grave dégradation dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé. L’activité économique, les finances publiques et le secteur bancaire subissent tous des pressions croissantes.
Le PIB palestinien a progressé de 4,3 % en 2025 mais reste inférieur de 20 % à son niveau de 2022. Après la forte contraction de 2024, des centaines de milliers d’emplois ont été perdus depuis octobre 2023, ce qui a effacé environ 2,8 milliards de dollars de revenus cumulés du travail.
Trente-huit communautés ont été vidées de leurs résidents palestiniens depuis 2023. En Cisjordanie, le rapport relève une diminution de l’accès à la terre et aux ressources naturelles liée à l’expansion des colonies israéliennes. Le nombre de personnes déplacées au premier trimestre 2026 a dépassé le total enregistré en 2025.
L’économie de Gaza reste à une fraction de sa taille de 2022
Le rapport documente une destruction économique généralisée à Gaza. Environ 92 % des établissements économiques ont été endommagés ou détruits depuis octobre 2023.
Le PIB réel de Gaza a augmenté de 34,2 % en 2025 après avoir chuté de 83 % en 2024. Il s’agit d’un rebond statistique depuis un niveau fortement réduit. Le PIB par habitant n’était que de 212 dollars – soit environ 0,58 dollar par personne et par jour en termes de PIB et seulement 17 % de son niveau de 2022. Le taux de chômage a atteint 78 %.
La part de Gaza dans le PIB palestinien est passée de 17,4 % avant octobre 2023 à moins de 4 % en 2025. Les secteurs productifs sont demeurés bien en deçà de leur niveau de production de 2022. L’agriculture et l’industrie ont chacune chuté de 94 %, tandis que la construction a diminué de 99 %.
Les pressions budgétaires mettent les services et les banques à risque
La situation budgétaire du Gouvernement palestinien s’est nettement détériorée. Les prélèvements cumulés et recettes retenues entre janvier 2019 et mars 2026 ont dépassé 3,67 milliards de dollars aux taux de change en vigueur lors des paiements, soit 83 % du total des recettes nettes palestiniennes en 2025.
Ces pressions affectent les services essentiels. Les arriérés liés à la santé ont atteint 1,1 milliard de dollars fin 2025. En Cisjordanie, le manque de ressources a conduit les écoles à limiter l’enseignement en présentiel à trois jours par semaine en 2025.
Combinée aux prêts garantis par les salaires du secteur public, l’exposition du système bancaire au secteur public a atteint 5,3 milliards de dollars, soit 42 % de l’ensemble des prêts bancaires. L’endettement et les arriérés du gouvernement ont augmenté. Le rapport avertit que les contraintes touchant les banques palestiniennes pourraient perturber le financement des importations de carburant, de médicaments et de denrées alimentaires.
Les prélèvements cumulés et recettes retenues entre janvier 2019 et mars 2026 ont dépassé 3,67 milliards de dollars – soit 83 % du total des recettes nettes palestiniennes en 2025.
Les besoins de reconstruction atteignent 71,5 milliards de dollars
Le total des besoins de relèvement et de reconstruction est estimé à 71,5 milliards de dollars. Les dommages causés aux infrastructures physiques de Gaza sont estimés à 35,2 milliards de dollars, auxquels s’ajoutent des pertes économiques et sociales de 22,7 milliards de dollars. Ce chiffre pourrait augmenter si de nouveaux dommages étaient constatés.
L’habitat représente la plus grande catégorie de dommages et de besoins de reconstruction. Plus de la moitié des hôpitaux et des centres de soins primaires ne fonctionnent plus. Moins de 1,5 % des terres agricoles de Gaza restent accessibles et non endommagées.
Le rapport identifie trois priorités immédiates : le transfert des recettes palestiniennes retenues, la préservation du système bancaire et l’alignement de l’aide à la reconstruction sur l’ampleur documentée des dommages et pertes économiques.
Le relèvement de l’ensemble du Territoire palestinien occupé nécessitera une aide financière et technique internationale à grande échelle. Le rapport souligne l’importance de reconstruire les capacités productives dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de la construction, de l’énergie et des technologies pour un relèvement au-delà des conditions d’avant octobre 2023.