Points clés
- L'investissement direct étranger mondial a augmenté de 6 % en 2025, mais la reprise est restée limitée et fragile.
- Les 20 principales économies hôtes ont reçu plus de 80 % des entrées mondiales.
- Le nombre d’économies disposant de régimes de filtrage des investissements est passé de 21 en 2016 à 52 en 2025, tandis que les rejets purs et simples sont restés rares.
- L’investissement dans les secteurs stratégiques a augmenté de 109 milliards à 576 milliards de dollars en cinq ans. Les économies à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure n’ont attiré qu’environ 10 %.
L’investissement mondial repart à la hausse. Mais il devient plus concentré, plus sélectif et moins accessible à de nombreux pays en développement.
Le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 montre que l’investissement direct étranger mondial a augmenté de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars en 2025. Hors flux de transit via les grands centres financiers européens, la hausse atteint 4 % après deux années consécutives de baisse.
La croissance se concentre sur un nombre restreint d’économies et dans des secteurs à forte intensité de capital et de technologie. Les gouvernements deviennent également plus sélectifs. Ils ciblent l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels.
Pour les pays en développement, le défi consiste à trouver des points d’entrée réalistes, à renforcer les bases de l’investissement et à accroître son impact sur le développement.
Les choix politiques effectués aujourd’hui détermineront si l’investissement direct étranger devient un moteur de développement partagé ou accentue les divergences.
L’investissement mondial progresse, mais la reprise est étroite et fragile
L’investissement mondial augmente, mais la croissance est de plus en plus concentrée. Les économies à revenu élevé ont représenté la majeure partie de la hausse en 2025, tandis que les flux d’investissement à destination des économies en développement n’ont progressé que légèrement.
Les régions en développement ont connu des trajectoires différentes. L’Asie en développement est restée la première région en développement récipiendaire, avec 644 milliards de dollars. L’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu environ 188 milliards de dollars, soit une hausse de 14 %. L’Afrique a reçu 70 milliards de dollars, en baisse par rapport à une année exceptionnelle en 2024 mais toujours un tiers au-dessus de sa moyenne de 2010 à 2024.
Les pays les moins avancés ont reçu 43 milliards de dollars, soit une augmentation de 21 %. Mais cela ne représente que 2,7 % des flux mondiaux.
Les indicateurs de projets sont restés faibles. Les fusions-acquisitions transfrontalières ont chuté de 7 %. Les annonces de nouveaux projets (greenfield) sont restées proches des niveaux de 2024, portées principalement par des mégaprojets dans les centres de données, le pétrole et gaz et les semi-conducteurs.
Le rapport invite les pays en développement à cibler des points d'entrée réalistes, à lever les goulets d’étranglement en matière d’infrastructures, de compétences, de développement des fournisseurs et de normes, et à renforcer le suivi après investissement.
La politique d’investissement devient plus active, plus ciblée et conditionnelle
Les gouvernements jouent un rôle plus actif dans l’orientation des investissements étrangers. En 2025, ils ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d’investissement. La plupart étaient favorables aux investisseurs, mais de plus en plus ciblées sur des priorités, au lieu d’une ouverture générale.
Les incitations représentaient la moitié des mesures favorables. Elles ciblaient l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels.
Parallèlement, 27 % des mesures ont renforcé les conditions. Les économies développées ont mis principalement l’accent sur les restrictions à l’entrée, notamment le filtrage des investissements. Les économies en développement ont plus souvent modifié le mode de fonctionnement des entreprises étrangères, notamment par la réduction des incitations et l’imposition de conditions d’emploi de travailleurs et d’intrants locaux.
Environ 80 % des nouveaux différends entre investisseurs et États ont été engagés contre des pays en développement.
Le rapport appelle à des politiques d’investissement ciblées et pratiques, à un filtrage proportionné et à une réforme accélérée des accords d’investissement. L’objectif est de préserver la marge de manœuvre des gouvernements pour réglementer, d’offrir prévisibilité et sécurité juridique aux investisseurs et de placer le développement durable au centre.
L’investissement dans les secteurs stratégiques explose tandis que l’industrie manufacturière recule
L’investissement est en plein essor dans cinq secteurs stratégiques : infrastructures pour l’intelligence artificielle, technologies avancées, minerais essentiels, technologies liées à la transition énergétique et semi-conducteurs.
Les annonces de nouveaux projets (greenfield) dans ces secteurs sont passées de 109 milliards de dollars en 2020 à 576 milliards en 2025. Leur part de l’investissement greenfield mondial est passée de 16 % à 44 %.
Mais cette dynamique est très concentrée. En 2025, les trois principales économies sources dans les secteurs stratégiques représentaient 72 % de la valeur des projets. Les trois principales destinations en captaient 56 %.
De nombreuses économies en développement restent à l’écart de cette évolution. Les économies à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure n’ont attiré qu’environ 10 % de l’investissement dans les secteurs stratégiques, contre plus de 20 % dans les autres secteurs. Cela risque de limiter leur participation aux domaines les plus dynamiques de l’investissement international et d’accentuer les écarts dans les réseaux mondiaux de production.
Parallèlement, l’investissement manufacturier en dehors des cinq secteurs stratégiques recule. L’investissement direct étranger dans les industries traditionnelles a diminué de 17 % entre 2015–2019 et 2021–2025. Le recul atteint 20 % dans les économies en développement et 65 % dans les pays les moins avancés.
Le rapport encourage les pays en développement à se concentrer sur des opportunités réalistes, à construire les bases nécessaires pour les investisseurs, à éviter des courses aux subventions non viables et à utiliser la coopération régionale pour créer de la taille.
