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Centres névralgiques du commerce international, les ports requièrent une gestion de pointe
09 April 2018
Au cœur du commerce international, les ports des pays en développement doivent se doter d’une gestion moderne et efficiente.


C’est ce que propose la CNUCED aux autorités portuaires des pays du Sud. Leurs défis sont à la mesure de leur place dans l’économie mondiale, immenses. « 80 % des marchandises, en volume, dans le monde sont acheminées par bateau » rappelle Isabelle Durant, Secrétaire générale adjointe de la CNUC​ED, lors de la 20ème réunion de coordination du réseau francophone du programme de gestion portuaire TrainforTrade de la CNUCED.

 « Outre de gérer en temps et heure les biens marchands qu’ils reçoivent, les ports, maillons essentiels des chaines de valeurs mondiales, doivent se préparer aux effets du changement climatique, à la hausse des températures, à la montée des eaux et à l’émergence de phénomènes climatiques extrêmes », a ajouté Mme Durant lors de l’ouverture de la session, qui a lieu à Genève du 9 au 11 avril.

A l’imprévisibilité climatique s’ajoutent l’instabilité économique et financière, les menaces liées à la cybercriminalité, entre autres fléaux.

La passerelle recommandée par M. Amatchoutchoui – Crédit : Port de Lomé La passerelle recommandée par M. Amatchoutchoui – Crédit photo: Port de Lomé
 
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Le transport maritime et les infrastructures portuaires sont au cœur du développement économique et social des pays en développement. Dans le monde, 59% des marchandises exportées le sont depuis le port d’un pays en développement et 64% des importations sont déchargées dans le port d’un de ces pays.

Investir dans ce secteur facilite les échanges commerciaux. Dans un secteur portuaire bien organisé, le volume des échanges augmente, les coûts de transport diminuent, favorisant ainsi la compétitivité d’une économie alors en mesure de créer des emplois et de distribuer des revenus. Cette stratégie doit s’inscrire dans le respect de l’équité sociale, de la préservation des ressources et du respect de l’environnement. De plus, l’évolution des règlementations nécessite une adaptation constante à la complexité croissante de la gestion portuaire.

« Le programme TrainForTrade réunit les ports du monde entier dans un même village où l’information devient le pouvoir et un outil au service du développement et de la modernisation de nos ports” expliquait Ebel Mwasenga, directeur d’exploitation auprès de l’Autorité portuaire de Tanzanie.

TrainForTrade

Le Programme de Gestion Portuaire TrainForTrade – formation pour le commerce –soutient les communautés portuaires des pays en développement à travers des réseaux comptant des institutions publiques, privées, nationales et internationales. Ce programme est axé sur le développement des ressources humaines des communautés portuaires. La CNUCED permet de combler une absence de formation : « En Haïti, il n’y a pas de formation en gestion portuaire » explique Oswald Rousseau, responsable TrainforTrade dans son pays.

Cette formation s’articule autour de 3 axes : des échanges d’expériences et l’ouverture aux bonnes pratiques entre pays du Nord et du Sud, mais aussi entre pays du Sud, grâce à l’existence d’un solide réseau mondial.

La CNUCED veille à la démultiplication de l’impact de son programme grâce à la formation de formateurs. Ce modèle garantit un effet « tâche d’huile », dans un même port, mais aussi au-delà, dans des installations portuaires d’autres pays en développement grâce aux partages d’expériences.

Enfin, grâce aux technologies de l’information et de la communication, la formation peut être dispensée à distance, permettant un plus grand nombre de bénéficiaires à un moindre coût. La CNUCED délivre un « certificat portuaire » de haut niveau reconnu à l’international.

Objet du mémoire de formation qu’il a suivie au Togo, Koessanh Komlan Amatchoutchoui a permis la réalisation d’une passerelle qui, dans le port de Lomé, facilite l’accostage des marins auparavant cantonnés sur leur bateau en attente de débarquement. L’impact sur le bien-être des équipages et sur leur efficacité est incontestable.

Autre réalisation incubée lors de la formation TrainforTrade : un système électronique de repérage des coupures sur le réseau Intranet du port de Dakar (Sénégal) – plus de 21 km de câbles et fibres optiques – a permis de réduire le temps d’identification des pannes – très fréquentes- d’une journée à une heure, qui se traduit en hausse de productivité.

Au Bénin, un nouveau système d’affectation des dockers s’est révélé hautement rentable grâce à une lecture optique des empreintes digitales à l’entrée du Port de Cotonou : meilleur filtrage des employés accrédités, répartition plus judicieuse des dockers aux quais de déchargement et de chargement des marchandises. Cette nouvelle organisation est aussi le fruit d’un mémoire de fin d’étude d’un diplômé de TrainforTrade.

Avec TrainforTrade, la CNUCED propose depuis plus de 20 ans un programme de formation à destination des pays en développement qui souhaitent faire évoluer leurs infrastructures portuaires vers plus d’efficacité et de performance. Elle réunit à Genève pendant 3 jours les représentants des pays membres du réseau portuaire francophone (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Haïti, Mauritanie, Madagascar, Sénégal et Togo). Objectif : faire le bilan des activités de formation en gestion moderne des ports depuis la dernière rencontre en avril 2017 à Port-au-Prince, Haïti. Ils seront invités à partager leurs meilleures pratiques et expériences et à décider un plan d’action pour l’année à venir.

TrainforTrade bénéficie du soutien des ports de Nantes et Marseille en France, de Dublin et Cork en Irlande, Belfast en Irlande du Nord, et de Gijon et Valence en Espagne.

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